MAGHREB
27/10/2014 13h:45 CET | Actualisé 28/10/2014 11h:49 CET

Que disent les médias internationaux et nationaux sur les élections législatives tunisiennes?

Flickr/NS Newsflash

Au lendemain de la clôture des votes pour les élections législatives et après la révélation de sondages qui donnent le parti Nida Tounes vainqueur, petit tour d'horizon des médias.

Des médias étrangers critiqués

Le site du magazine français Marianne a titré: "La Tunisie vote laïque!". L'article annonce la victoire du "grand parti Nida Tounes, héritier des valeurs de Habib Bourguiba".

"Oui un peuple arabe peut dire non aux islamistes, dans les urnes et sans les armes. C’est l’extraordinaire leçon que la Tunisie vient de donner aux... donneurs de leçons", y affirme Martine Gozlan.

"La Tunisie a voté en pensant, pas en chantant. Pour ses écoles, ses champs, ses usines, ses universités, ses enfants, elle a besoin de sous, pas de sourates", renchérit-elle.

Cet article et d'autres évoquant la victoire des "laïcs" sur les "islamistes" ont particulièrement fait réagir les internautes tunisiens mais aussi des journalistes.

Plus nuancé, Le Point signale qu'"en dépit du rappel de l'article 70 du code électoral par Chafik Sarsar, président de l'ISIE, article qui interdit la publication des sondages durant le silence électoral qui se poursuivait jusqu'à deux heures du matin, les instituts de sondage 3C Études et Sigma Conseil ont diffusé les résultats de leurs sondages à la sortie des urnes".

Pour l'envoyée spéciale du quotidien Le Monde en Tunisie, il y a "un net recul des islamistes aux législatives".

Les militants qui faisaient la fête devant le siège de Nida Tounes contrastaient avec les "dizaines de militants" qui "patientaient" au pied du siège d'Ennahdha, "visiblement inquiets" d'entendre des médias parler de la victoire du parti concurrent.

Elle conclut: "Alors que quelque 4 millions d’électeurs s’étaient rendus aux urnes en 2011, ils n’ont été que 3 millions à faire le déplacement cette année, signe du désenchantement des Tunisiens trois ans après la révolution".

France Inter a choisi de prendre des réactions à chaud à la Marsa, après la révélation des sondages sur deux chaines de télévision, le soir des élections. Son reportage se focalise sur un bar de "la banlieue chic", où est organisé une soirée électorale: "Sur un écran géant, huées pour le chef de file des islamistes d'Ennahdha quand il apparait à la télévision. Et cris de joie pour le leader du parti en phase de l'emporter Nida Tounes", affirme le journaliste.

Le désenchantement des jeunes est le sujet d'un article d'Aljazeera.net.

Leur affluence dans les bureaux de vote aurait été faible, selon le site arabophone. Les personnes âgées se seraient donc déplacées massivement pour voter, tandis que "certains jeunes sont allés dans les cafés, d'autres sont restés chez eux et d'autres encore se sont dit désespérés et non concernés par les élections".

A la Une des médias nationaux

Les électeurs âgés sont justement à la une de plusieurs journaux arabophone tunisiens tels que Achourouk, Al Bayène, Attounisya ou Assarih. Ce dernier affiche fièrement la photo d'une femme âgée de 107 ans: Elle "vote et pousse des youyous", titre le journal.

Parmi les questions également évoquées par les journaux tunisiens, la question de "la menace terroriste".

Les forces de l'ordre avant tout, pour Essour qui titre à sa une: "Merci à nos vaillants héros, vous avez sécurisé les élections et le futur du pays".

Même chose pour Raouf Seddik dans le quotidien francophone La Presse qui donne un "coup de chapeau à nos forces de sécurité" grâce auxquelles "nous ne déplorons aucune opération qui aurait pu endeuiller des concitoyens en train d'accomplir leur devoir électoral".

Mais l'organe officiel de Hezb Ettahrir partisan de la l'instauration d'un califat islamique est plus sceptique concernant la question terrorisme. L'hebdomadaire s'interroge dans son édition du 27 octobre: "Le terrorisme programmé: comment et pour les intérêts de qui?":

"Notre grande question après les terrifiants évènements de Oued Ellil: qui commande ce système à des moments politiques délicats?", s'interroge le journal, sans toutefois donner de réponses.

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