ALGÉRIE
17/04/2018 12h:37 CET

Grève des médecins résidents: réunion stérile entre le ministère et le CAMRA

NurPhoto via Getty Images

En dépit des affirmations du Premier ministre Ahmed Ouyahia à propos de la révision du caractère obligatoire du service civil et le “niet” du ministère de la Défense nationale (MDN) concernant le service militaire, les médecins résidents ont décidé de camper sur leur position et de poursuivre leur mouvement de protestation.

La réunion tenue lundi 16 avril 2018 entre le ministère de la Santé et  les représentants du Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) “a pris fin sans que les deux parties ne parviennent à un accord”.

 

Les représentants du CAMRA “ont rejeté” les propositions du ministère sur la modulation du service civil, à savoir trois à quatre ans pour les régions du Nord et 1 à 2 ans pour les Hauts plateaux et le Sud, et le montant fixé pour la prime d’incitation entre 20.000 et 60.000 en fonction des régions.

Les médecins résidents exigent la révision du caractère obligatoire du service civil et l’exclusion des membres du corps médical ayant dépassé l’âge de 30 ans de l’exemption du service militaire, contrairement au reste des citoyens.

La proposition la plus notable émise par la tutelle à ce sujet est la déduction de la durée du service national de celle du service civil. Le ministre de la Santé, Mokhtar Hasballaoui avait expliqué que son ministère est “favorable à la modulation de la durée du service civil, selon le tableau remis aux représentants des résidents séance tenante”.

Toutefois, il excluait une révision du caractère obligatoire du service civil. “Le service civil est le seul service pouvant garantir une couverture sanitaire globale pour l’ensemble des citoyens”, a-t-il rappelé.

Quelques jours plus tard, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, déclarait que les autorités “refuseront une désertification médicale en Algérie”, déclarant que “le service militaire est un devoir”.

Le ministère de la Défense emboîtait le pas aux deux responsables dimanche dernier.

Le ministère a accédé à plusieurs revendications, lors de la réunion de la semaine dernière, néanmoins les médecins résidents ont réitéré leur décision de poursuivre la grève, insistant sur “la réduction de la durée du service civil à une année ou deux ans pour l’ensemble des régions”.

L’inspecteur général au ministère et membre du comité de dialogue, Omar Beredjouane a fait savoir que le service civil à 1 ou 2 années “a été élargi à 80% des régions contre 40% seulement auparavant”.

Il a affirmé qu’“une généralisation à l’ensemble des régions du pays, écartera le service civil de son objectif fondamental, à savoir la répartition équitable des compétences et la garantie d’une couverture sanitaire globale à tous les citoyens à travers l’ensemble du territoire national”.

Pour ce qui est de la prime d’incitation proposée par le ministère, il a indiqué que les médecins l’ont jugé “insignifiante”, qualifiant cette revendication de “rédhibitoire”.

Par ailleurs, M. Beredjouane a fait état de “l’incorporation, lors de cette réunion, des représentants des pharmaciens au dialogue entre le ministère et les médecins résidents, en dépit de la différence des revendications, et ce afin de tenter de trouver des solutions aux préoccupations de chacune des spécialités”.

A cette occasion, il a annoncé l’organisation par le ministère d’une réunion avec ces deux corps pour poursuivre le dialogue et trouver des solutions efficaces à leurs préoccupations.