MAROC
19/11/2015 06h:59 CET | Actualisé 19/11/2015 07h:01 CET

Les médecins internes et résidents vont effectuer leurs gardes habillés en détenus de Guantanamo

Youssef Roudaby
Photo de la deuxième marche nationale des étudiants en médecine

MÉDECINE - Pour leur cinquantième jour de grève, les médecins internes et résidents veulent marquer le coup. Dans un communiqué publié le 18 novembre, la Commission nationale des médecins internes et résidents (CNIR) annonce "le port de tenues de gardes de couleur orange le jeudi 19/11/2015 par tous les internes et résidents de garde au CHU Hassan II" à Fès. Allusion faite à la combinaison orange des détenus de Guantanamo, un centre de détention militaire sous haute sécurité.

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Ce n’est pas tout. La CNIR confirme la tenue d’un sit-in vendredi 20 novembre devant le centre hospitalier de la capitale spirituelle, ainsi qu’un sit-in national devant le siège du ministère de la Santé le lundi 23 novembre à Rabat.

Le communiqué dénonce par la même occasion "la médiocrité des soins apportés au citoyens" en raison du "manque de moyens et le manque de stratégie bienveillante dans la gestion de la santé publique".

Des conditions de sécurité inadmissibles, des cursus de formations flous, (…) des salaires minables de 3500 dirhams/mois", c’est ainsi que les médecins internes et résidents résument leurs revendications.

Pour rappel, la CNIR a estimé, dans un communiqué précédent que "les salaires ne reflètent pas le parcours de formation qui dépasse les neuf ans, ni les heures de travail qui dépassent les 80 heures par semaine". Actuellement, la rémunération des médecins internes et celle des médecins résidents bénévoles est fixée à 3.400 dirhams par mois. Les médecins résidents contractuels, eux, disposent d’un salaire mensuel de 8.600 dirhams par mois mais sont obligés de se soumettre à une affectation dans le secteur public pendant les huit ans suivant la fin de leur cursus de spécialisation.

Le corps médical, engagé dans une grève ouverte depuis le 1er octobre, veut néanmoins rassurer les citoyens. "Ils (les médecins internes et résidents, ndlr) continuent et ils continueront à assurer les soins d’urgences et de réanimation malgré les soustractions de salaires abusives, car notre cause est l’intérêt de nos patients", conclut le communiqué.

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Des propos qui témoignent d’un changement de stratégie. le 17 novembre dernier, un membre de la commission nous avait assuré que l’interruption des services des urgences et de réanimation pourrait se faire après une deadline qui sera "discutée entre les différentes parties impliquées dans les centres hospitaliers du pays" si leurs revendications ne sont pas prises en compte.

Galerie photo La campagne de com' choc des étudiants en médecine Voyez les images