MAROC
17/11/2015 03h:39 CET | Actualisé 19/11/2015 05h:58 CET

Grève des urgences, sit-in national, démissions collectives... Ce que prévoient les médecins internes et résidents pour faire plier le ministère de la Santé

Youssef Roudaby
Les médecins internes et résidents haussent le ton à la veille d'une réunion avec le ministère de la Santé

MÉDECINE – Les médecins résidents et internes haussent le ton à la veille d’une énième réunion avec le ministère de la Santé Houcine El Ouardi. La Commission nationale des médecins internes et résidents (CNIR), en grève depuis maintenant un mois et demi, a entamé lundi 16 novembre pour une durée de 24 heures des sit-in dans l’ensemble des hôpitaux universitaires, pendant lesquels ont été dressées "des listes de démissions collectives", annonce la CNIR dans un communiqué.

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Un sit-in national devant le ministère de la Santé aura également lieu le 19 novembre. La CNIR annonce aussi "entreprendre d’autres méthodes de pression sur le ministère de la Santé, qui ignore ses requêtes".

Une grève des urgences en vue

"Si la réunion qui aura lieu ce mardi avec le ministère de la Santé se révèle infructueuse, nous allons mettre fin au service d’astreinte et nous envisageons même d’interrompre nos gardes aux services des urgences", fustige Younes Hammani, président de l’Association des médecins internes et résidents de Fès et membre de la Commission nationale des internes et des résidents, contacté par le HuffPost Maroc.

L’interruption des services des urgences et de réanimation pourrait se faire après une deadline qui sera "discutée entre les différentes parties impliquées dans les centres hospitaliers du pays", nous confie le médecin. Si elle est confirmée, ce sera la première grève des urgences entamée depuis 2011, date à laquelle les blouses blanches avaient réclamé "leurs rémunérations de gardes, l’intégration des résidents lors de leur première année d’exercice à la fonction publique et l’augmentation du salaire des médecins internes et des bénévoles".

"Rectifier les propos d'El Ouardi"

Pour cette nouvelle réunion, qui fait suite à celle du 9 novembre dernier, le ministère de la Santé s’est engagé à présenter "une simulation induisant l’augmentation des indemnités de garde, l’ajout d’une prime de permanence et l’instauration d’une prime de formation à la charge du ministère de l’Enseignement supérieur" afin d’augmenter les salaires mensuels des médecins internes et résidents.

En attendant, les médecins internes et résidents veulent faire pression auprès des formations politiques. Après une rencontre ce lundi avec Nabil Benabdellah, Secrétaire général du Parti Progrès et Socialisme (PPS), les blouses blanches vont se réunir dans les prochains jours avec des membres du PAM et du PJD. Objectif: "Faire entendre nos voix auprès des différentes formations politiques, mais aussi rectifier les différents propos qu’El Ouardi tenus dans les médias", souligne Younes Hammani.

La CNIR estime dans son communiqué que "les salaires ne reflètent pas le parcours de formation qui dépasse les neuf ans, ni les heures de travail qui dépassent les 80 heures par semaine". Actuellement, la rémunération des médecins internes et celle des médecins résidents bénévoles est fixée à 3.400 dirhams par mois. Les médecins résidents contractuels, eux, disposent d’un salaire mensuel de 8.600 dirhams par mois mais sont obligés de se soumettre à une affectation dans le secteur public pendant les huit ans suivant la fin de leur cursus de spécialisation.

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