MAROC
09/12/2015 04h:27 CET

Les négociations entre les médecins grévistes et le ministère de la Santé n'avancent pas

France24
Les médecins internes et résidents ont-ils joué leur dernière carte?

MEDECINE - Entre les médecins résidents et internes et le ministère de la Santé, les négociations sont au point mort. En grève depuis le 1er octobre pour protester contre "leurs salaires insuffisants", les médecins ont organisé marches, sit-in et même étendu la grève aux services d'astreinte. Sans succès.

"Nous avons tout essayé, sans résultat",soupire Mohammed Bouziane, médecin résident au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Fès et membre du bureau local de la Commission nationale des internes et des résidents (CNIR) à Fès.

Dernier recours des médecins résidents? Une journée d'études qui a lieu ce mardi 8 décembre au parlement. "Nous allons discuter avec des représentants du gouvernement, des partis de l'opposition et des représentants des ministère de la Santé et des Finances mardi 8 décembre parlement", indique Mohammed Bouziane.

Si les négociations ne portent pas leurs fruits, un flou total subsiste quant à la suite des évènements. "C'est aux médecins de décider si la grève sera maintenue après aujourd'hui ou pas", estime le médecin, qui évoque également l'éventualité d'une extension de la grève au service des urgences.

Des ponctions sur leurs salaires

Rien ne va donc pour les médecins grévistes. Car en plus d'avoir répondu par la négative aux réclamations d'augmentations salariales immédiates, le ministère de la Santé a également opéré des ponctions sur les salaires des médecins grévistes. "Depuis novembre, des soustractions arrivant jusqu'à 50% ont été effectuées sur nos salaires, déjà maigres", selon le médecin membre de la CNIR.

De son côté, El Ouardi a exprimé sa compassion pour les grévistes, assurant que "ce n'est pas logique que des médecins ayant fait des études aussi longues soient payés aussi peu", mais a expliqué "ne pas pouvoir résoudre la situation dans l'immédiat, parce que cette décision implique plusieurs institutions et coûtera très cher au ministère de la Santé".

Des explications qui ne semblent pas convaincre les médecins internes et résidents. "il y a des dépenses énormes sur des projets qui ne servent pas à grand chose, alors que pour améliorer d'une façon immédiate les revenus des ressources humaines de la Santé, on prend autant de temps", s'indigne notre interlocuteur.

Le SIMPS se désolidarise des médecins grévistes

S'ils peuvent compter sur le soutien des étudiants en médecine, qui participent à leurs sit-in et marches, les médecins résidents et internes se voient lâcher par le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP), qui s'est désolidarisé à demi-mot de leur cause dans un communiqué publié le 3 décembre dernier. "Le syndicat n'entrera pas dans une bataille déjà entamée alors que le dossier revendicatif (des médecins internes et résidents, ndlr) ne prend pas en compte les revendications des médecins du secteur public", a tranché le SIMSP.

Une annonce qui ne surprend les grévistes. "Il y a longtemps qu'ils ne s'intéressent pas à nos réclamations. Nous n'avons pas les mêmes objectifs", estime une médecin résidente. "Alors que nous militons pour des augmentations salariales, eux souhaitent obtenir le droit d'exercer à temps partiel dans le secteur privé, ce qui est strictement illégal".

Pour rappel, la rémunération des médecins internes et celle des médecins résidents non contractuels est fixée à 3.400 dirhams par mois. Les médecins résidents contractuels, eux, disposent d’un salaire mensuel de 8.600 dirhams par mois mais sont obligés de se soumettre à une affectation dans le secteur public pendant les huit ans suivant la fin de leur cursus de spécialisation. Dans leur dossier revendicatif, les grévistes réclament une augmentation de 4.000 dirhams pour les médecins résidents et de 3.000 pour les internes, en plus du déblocage des indemnités de garde non reçues depuis 2007. Pour ce dernier point, El Ouardi a promis de remédier à la situation "dès janvier 2016".

Galerie photo La campagne de com' choc des étudiants en médecine Voyez les images