ALGÉRIE
03/12/2018 10h:41 CET | Actualisé 03/12/2018 10h:43 CET

MBS entame sa visite controversée en Algérie

De nombreux intellectuels et hommes politiques ont critiqué cette visite de MBS, sur fond de la guerre au Yémen et de l'affaire Khashoggi.

Xinhua News Agency via Getty Images
Le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane à l'aéroport international d'Alger, le 2 décembre 2018.

Le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane (MBS) a entamé dimanche 2 décembre au soir une visite de deux jours à Alger, à la tête d’une délégation de haut niveau.

Cette visite annoncée depuis plus d’une semaine a été critiquée par de nombreux intellectuels et personnalités politiques en Algérie sur fond de la guerre que mène l’Arabie Saoudite au Yémen, ainsi que l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat du royaume à Istanbul et dont MBS est soupçonné d’être l’instigateur, notamment par la CIA.

MBS a été accueilli à l’aéroport Houari Boumediene par le premier ministre Ahmed Ouyahia

Selon l’APS, l’agence de presse étatique, cette visite s’inscrit dans le cadre de “la consolidation des relations privilégiées entre les deux pays et peuples frères”.

Elle permettra “de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et de concrétiser des projets de partenariat et d’investissement, en ouvrant de nouvelles perspectives aux hommes d’affaires, en vue d’augmenter le volume d’échange commercial et d’élargir le partenariat économique entre les deux pays”.

“Elle permettra également de relancer les différents chantiers bilatéraux issus de la 13ème session de la réunion de la commission mixte algéro-saoudienne, tenue à Ryadh en avril dernier et qui a été sanctionnée par la signature de plusieurs accords de coopération”, a ajouté l’APS.

La visite du Prince héritier saoudien sera aussi l’opportunité d’examiner et d’échanger les points de vue sur les questions politiques et économiques arabes et internationales d’intérêt commun, et à leur tête la question palestinienne et les situations dans certains pays frères, outre les évolutions du marché pétrolier.

 

“Une insulte à l’histoire de la nation”

 

Sur le Washington Post où écrivait Jamal Khashoggi, le chercheur algérien Abdelkader Cheref a publié une tribune intitulée “La visite de Mohamed Ben Salamane en Algérie serait une insulte à l’histoire de la nation”.

“Nombreux sont ceux qui voient cette visite en Algérie comme une insulte à la mémoire de tous les journalistes emprisonnés ou assassinés pour avoir dénoncé la tyrannie des régimes arabes”, a rappelé M. Cheref. 

L’écrivain Kamel Daoud a pour sa part tweeté une virulente critique du prince saoudien: “Mohamed Ben Salmane est un assassin, et celui qui va lui serrer la main à Alger sera son complice”. 

 

 Abderrazak Makri, le chef du Mouvement pour la Société de la Paix (MSP) a enfin considéré que “le contexte ne permet pas” de recevoir le prince héritier. 

“Il est responsable de la mort d’un grand nombre d’enfants et de civils au Yémen”, a-t-il souligné. Et d’ajouter: “Il est aussi responsable de l’horrible crime, l’assassinat digne de Daech du journaliste Jamal Khashoggi”.