MAROC
08/07/2019 18h:23 CET

Mbarka Bouaida à la tête du conseil de la région Guelmim-Oued Noun

Son nouveau poste ne lui permettra pas, cependant, de continuer son parcours de secrétaire d'Etat chargée de la Pêche maritime.

KAREN BLEIER via Getty Images

ELECTIONS - Elle doit sauver la mise. Après plus d’un an de paralysie au conseil régional de Guelmim-Oued Noun, c’est Mbarka Bouaida qui prend le relais de son cousin Abderrahim Bouaida, pour désamorcer la crise. Membre du bureau politique du parti du Rassemblement national des indépendants (RNI), elle devient la première femme à diriger une région au Maroc. Le RNI tient à le souligner sur son portail officiel, qualifiant l’élection de Mbarka Bouaida d’“historique”.

Son nouveau poste ne lui permettra pas, cependant, de continuer son parcours de secrétaire d’Etat chargée de la Pêche maritime, poste qu’elle assure depuis la constitution du gouvernement El Othmani (2017), pour incompatibilité de mandats avec son fauteuil de présidente de région. Légalement, elle dispose d’un délai maximum de 60 jours pour régulariser sa situation à partir de la date de sa nomination à la tête du conseil, c’est-à-dire le vendredi 5 juillet. A cette date-là, elle s’est imposée à l’élection du président de la région par 33 voix sur 37 membres présents, indique le RNI, précisant que le conseil se constitue de 39 sièges au total et que 4 absentions enregistrées sont celles des membres du Parti de la justice et du développement (PJD), à la tête gouvernement.

C’est donc à l’écrasante majorité que Mbarka Bouaida, bien connue dans la région, a obtenu sans surprise son nouveau poste. Elle en a profité pour lancer un appel à la mobilisation aux élus, organismes politiques, société civile et autorités locales pour concrétiser la régionalisation avancée, indique le parti de la Colombe. D’après ce dernier, Bouaida est bien consciente du défi qu’elle devra relever et s’engage, pour cela, ”à entamer une nouvelle ère dans la construction de la région”. “La région de Guelmin-Oued Noun a besoin de chantiers nouveaux et de nombreux moyens de travail”, a-t-elle déclaré à l’occasion. Et de souligner que le conseil de la région ne ménagera aucun effort pour “créer des opportunités de travail, faire venir des investisseurs et accélérer plusieurs projets dont la voie express Tiznit-Laâyoune en particulier”. 

A peine élue, la présidente promet également de veiller sur la proximité du conseil auprès des habitants surtout les jeunes envers qui elle s’engage ”à résoudre les problèmes sociaux en priorité”. 

Originaire de Laqsabi, à une ne dizaine de kilomètres de Guelmim,  Bouaida est née en 1975 dans une famille de notable connue et respectée dans la région. “Elle a veillé depuis toujours à défendre les causes de sa région”, affirme le RNI, précisant que lorsque cette fille de Guelmim s’est présentée aux élections en 2015, elle a cherché avant tout ”à rendre service à sa terre et ses habitants”. Rappelant son parcours politique, le RNI souligne également que Mbarka Bouaida a accompli ses anciennes fonctions notamment celle de ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération dans le gouvernement Benkirane où elle a géré les dossiers épineux des accords de pêche avec l’Union Européenne. 

A présent, elle devra redonner vie au conseil de la région qui avait été suspendu sur décision du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Une commission spéciale avait été chargée de gérer les affaires courantes du conseil, le temps que “toutes les composantes du conseil procèdent à une auto-évaluation et s’engagent dans une approche positive nouvelle”, indiquait à l’époque le département de Laftit. Mais il s’est avéré que le conseil était tellement enlisé dans la crise qu’il n’est pas parvenu à en sortir. Le président de l’époque Abderrahim Bouaida a soulevé la polémique en refusant de quitter son poste et en démentant ensuite sa démission. Une nouvelle page dans la vie de cette région est à présent tournée après l’arrivée de Mbarka Bouaida.