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21/03/2019 15h:23 CET | Actualisé 26/03/2019 13h:36 CET

Mawjoudin Queer Film Festival: Tunis célèbre la culture inclusive

Pour Mawjoudin, le Festival du Film Queer est une manifestation militante à caractère festif.

Du 22 au 25 Mars, se tient le Festival du Film Queer de Mawjoudin au centre-ville de Tunis. C’est l’association Mawjoudin qui se tient derrière cette initiative ambitieuse. Pour la deuxième année, le festival revient avec une programmation riche et une panoplie de films issus d’une dizaine de pays, principalement du sud. Plusieurs nationalités sont représentées, avec notamment des films kenyans, chinois, portugais, pakistanais et indiens. La Tunisie participera avec un court métrage, “Ymin el Baccouche” de Tarek Sardi dénonçant la biphobie et un documentaire signé Safwen Abdellali titré “travestie”, suivant le parcours d’une personne transgenre.

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Les organisateurs du festival ont œuvré pour couvrir tout le spectre LGBTQI+, un défi difficile à relever pour un tout jeune festival. Mais la palette offre un choix large d’œuvres de fiction et de documentaires militants. 31 films seront projetés pendant les 4 prochains jours et plusieurs tabous concernant les minorités sexuelles seront abordés, notamment le coming-out, le lesbianisme, la transphobie, le travail du sexe et le harcèlement.

La question féministe y est fortement présente. Les films projetés cassent les codes d’un cinéma mainstream n’envisageant la sexualité des femmes que d’un point de vue masculin et hétérosexuel. Les organisateurs du festival n’ont pas omis de glisser un film argentin “Today match at three” de Clarisa Navas, sur le football féminin à l’aune de la coupe du monde féminine de football de 2019.

Et loin de la caricature qu’on a l’habitude de voir des personnes queers, on retrouvera des Drag queen pétillantes dans le documentaire chinois “Extravaganza” de Mathiew Baren et des idées insolites à l’instar du court métrage silencieux “Sisak” de Fawaz Arif Ansari, visuel et touchant.

Les documentaires présentés lors de cette manifestation sont bouleversants et la question de l’intersectionnalité y est soulevée à moult reprises, on pense à Bixa Travesty de Claudia Priscilia racontant l’histoire de cette femme noire et transgenre. Et on ne manque pas de déconstruire les clichés avec des films sur les travailleurs du sexe, comme Marco de George Haddad, mettant en scène des hommes exerçant le plus vieux métier du monde.

Les plus émouvants restent les documentaires ayant eu recours aux home-videos et aux images d’archives des personnes concernées, comme ça a été fait dans “What I would tell my daughter if I knew what I would say back then” de Cha Roque.

Le festival ne se limitera pas aux projections de films, une exposition collective aura lieu dans une salle polyvalente, des concerts se tiendront à l’occasion de la soirée d’ouverture et de clôture du festival, des tables rondes et des workshops seront mis en place à cette occasion.

Pour Mawjoudin et Chouf, le Festival du Film Queer est une manifestation militante à caractère festif. L’objectif de cette deuxième édition est d’instaurer une plateforme d’échange entre la communauté LGBTQI+ et les alliés mais aussi de faire émerger une culture alternative à la représentation hétéronormée et cisgenre de la population du sud, au cinéma.

Pour des raisons de sécurité, le collectif s’est abstenu de rendre les lieux de la manifestation publics, les intéressés s’adresseront à Mawjoudin ou à Chouf pour les renseignements concernant le lieu et la programmation.

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