MAROC
28/03/2018 17h:55 CET

Matchs amicaux: Comment les adversaires du Maroc au Mondial 2018 s'en sont sortis?

Les Lions de l'Atlas parviendront-ils à s'imposer face à l'Iran, au Portugal et à l'Espagne?

Getty Images/Reuters
Sardar Azmoun (Iran), Cristiano Ronaldo (Portugal) et Isco (Espagne) ont tous marqué pendant les matchs de préparation au Mondial 2018.

FOOTBALL - Après leurs deux dernières victoires contre la Serbie (2-1) et l’Ouzbékistan (2-0) en matchs amicaux, les Lions de l’Atlas ont-ils les armes nécessaires pour battre leurs adversaires au Mondial 2018? Ils devront en tout cas faire face à un groupe B relevé. L’Iran, le Portugal et l’Espagne, qu’ils affronteront en juin prochain en Russie, se sont imposés dans quasiment tous leurs derniers matchs de préparation à la Coupe du monde.

Le “coup de bluff” iranien?

Les faits : L’Iran, que le Maroc affrontera le 15 juin à Saint-Pétersbourg lors de la première journée de la phase de groupe, a ainsi battu à plates coutures (4-0) la Sierra Leone samedi 17 mars, grâce à deux buts d’Ali Gholizadeh, un but de Mohammad Reza Khanzadeh et un de Kaveh Rezaei. L’équipe iranienne s’est cependant inclinée le 23 mars contre la Tunisie (1-0), mais s’est imposée 2-1 contre l’Algérie trois jours plus tard. Si le premier match amical est entaché par des soupçons d’arrangements illicites selon la BBC, le deuxième a été marqué par un but de l’Iranien Milad Mohammadi contre son camp. Le dernier a pu compter sur l’étoile montante du football iranien Sardar Azmoun, qui a ouvert le score à la 11e minute. Son coéquipier Mehdi Taremi l’a suivi 8 minutes plus tard.

L’analyse : Pour le journaliste sportif Patrick Juillard (Football365 Afrique), interrogé par le HuffPost Maroc, “l’Iran a ‘déroulé’ contre une équipe bis de Sierra Leone, mais lors de son vrai test face à la Tunisie, à Radès, cette équipe a beaucoup subi et n’a pas montré grand-chose offensivement, s’inclinant très logiquement. Elle s’est reprise contre une Algérie en pleine perte de repères”. Pour le journaliste sportif Amine El Amri (Le Matin): “L’Iran est la grande inconnue et a tout d’un guet-apens. Malgré la victoire, le sélectionneur Carlos Queiroz a déclaré que l’Iran ‘est à des années lumières’ de ses adversaires dans le groupe B. A mon avis, cela ressemble à un énorme coup de bluff, même si la différence est palpable entre les Iraniens qui jouent dans le championnat local et les autres.”

Le Portugal, solide mais trop dépendant de CR7

Les faits: Le Portugal, qui rencontrera le Maroc le 20 juin à Moscou, s’est imposé 2-1 contre l’Egypte le 23 mars, grâce à un doublé de Cristiano Ronaldo lors du temps additionnel (92e et 94e), mais s’est lourdement incliné face aux Pays-Bas (3-0) le 26 mars. Pourtant championne d’Europe, l’équipe portugaise peine à sortir la tête de l’eau ces derniers temps.

L’analyse: “Le Portugal a nettement dominé l’Egypte mais a eu besoin de Cristiano Ronaldo pour s’imposer dans les arrêts de jeu, avant d’afficher certaines faiblesses défensives face aux Pays-Bas avec un onze, il est vrai, remanié. Le Portugal me paraît assez solide malgré tout, mais toujours dépendant de sa star CR7”, estime Patrick Juillard. Une analyse partagée par Amine El Amri: “Le Portugal mise tout sur sa solidité défensive et sa superstar Cristiano Ronaldo. Un couteau à double tranchant qui est un peu trop dépendant d’un seul joueur, mais quel joueur cela dit!”

L’Espagne impressionne

Les faits: Après un match nul (1-1) contre l’Allemagne le 23 mars, avec un but de Rodrigo Moreno Machado, l’Espagne, que le Maroc affrontera le 25 juin à Kaliningrad, a littéralement écrasé l’Argentine, pourtant 4e meilleure équipe du monde selon le classement FIFA, en s’imposant 6 buts à 1 mardi soir. Comme le souligne Eurosport, la Roja a infligé “une fessée historique” aux Argentins, privés de Messi. Le match a notamment été marqué par un triplé du Madrilène Isco. Diego Costa avait ouvert le match à la 12e minute, Thiago Alcantara et Iago Aspas l’ont refermé (55e et 73e).

L’analyse: “L’Espagne s’est montrée impressionnante, tant par son expression collective que par la qualité de ses jeunes talents, Isco et Asensio (Real Madrid) en tête”, estime le journaliste Patrick Juillard. Même son de cloche pour Amine El Amri: “L’Espagne est clairement sur un nuage, pas seulement pour le carton face à l’Argentine, mais pour la régularité de son milieu de terrain. La faiblesse -le mot est trop fort- de la “Furia Roja” est le manque de compétition du principal attaquant de pointe, Diego Costa, même si les alternatives ne manquent pas.”

Au classement mondial de la FIFA, l’Iran, le Portugal et l’Espagne occupent respectivement la 33e, la 3e et la 6e place. Le Maroc arrive à la 42e place.

  • Les points forts du Maroc

Pour le journaliste sportif Patrick Juillard, les Lions de l’Atlas “présentent un collectif solide et cohérent, avec une bonne circulation de balle dans l’entrejeu”. Pour Amine El Amri, à moins de trois mois de la Coupe du monde, “les deux matchs amicaux remportés par les Lions de l’Atlas sont autant de bons points pour le moral, même si les principaux enseignements sont purement tactiques (récupération du ballon, relance...). Les bons côtés ont été la solidarité entre les trois compartiments de jeu, la soif de victoire et la concentration sur le sujet.”

  • Ce qu’il reste à améliorer pour le Mondial

Pour le mondial 2018, le Maroc, qui a montré, notamment lors du match contre la Serbie, “une tendance à trop subir et un manque de sérénité sur certaines phases arrêtées”, devra ainsi ”éviter les approximations et se montrer efficace dans les deux surfaces. Certaines pertes de balle près du but auraient pu coûter plus cher, certaines occasions manquées aussi. Il importera en Russie de ne pas avoir de retard à l’allumage, car une contre-performance d’entrée face à l’Iran pourrait hypothéquer les chances de Lions de l’Atlas”, préconise Patrick Juillard.

Selon Amine El Amri, il s’agit d’abord, pour Hervé Renard, “de trouver un maximum de ‘doublures’ pour compléter sa liste des 23 qui iront en Russie. Par ailleurs, “les principaux aspects à améliorer sont, sans aucun doute, le manque d’efficacité enregistré surtout en deuxième mi-temps, ainsi que l’absence d’un arrière gauche aguerri.” Aussi, “l’efficacité devant les buts doit être intensivement travaillée, surtout en deuxième période. Avec une bonne rigueur tactique, une qualification au deuxième tour est envisageable, mais il faut avant tout être réaliste et réfléchir match par match. Pour les Lions de l’Atlas, le match face à l’Iran pour l’entrée en lice devra être abordé comme une finale.”