MAROC
19/04/2019 16h:31 CET

Maryam Touzani nous parle de son film "Adam", sélectionné au Festival de Cannes 2019

La Marocaine a été sélectionnée dans la catégorie "Un certain regard" de la 72e édition du Festival de Cannes.

VALERIE MACON via Getty Images

CINÉMA -  Après deux courts métrages et un passage remarqué en tant qu’actrice dans “Razzia”, le dernier film de son époux Nabil Ayouch, où elle a tenu un des rôles principaux, c’est une nouvelle étape que vient de franchir Maryam Touzani. Comme annoncé le 18 avril, “Adam”, le premier long-métrage de la Tangéroise, figure dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2019 dans la catégorie “Un certain regard”.

Il s’agit du premier long métrage réalisé par l’ancienne journaliste, qui prouve ainsi qu’elle a plusieurs cordes à son arc. Le tournage de “Adam” a démarré en novembre dernier, dans la médina de Casablanca. A l’affiche, on retrouve deux visages désormais bien connus du cinéma marocain, Lubna Azabal et Nisrin Erradi. Film dramatique produit par Nabil Ayouch et coproduit par Amine Benjelloun et Patrick Quinet, “Adam” promet de belles émotions. On fait le point avec Maryam Touzani.

allocine.fr

HuffPost Maroc: Que représente pour vous le fait de voir votre premier long métrage figurer parmi la sélection officielle du festival de Cannes?

Maryam Touzani: Tout cela est encore très frais. Nous venons d’apprendre la nouvelle. Évidemment, pour moi, cette sélection veut dire beaucoup. Je suis également extrêmement fière de représenter le Maroc avec ce film. Il s’agit d’un festival prestigieux qui a une grande valeur dans le monde du cinéma. 

Parlez nous d’“Adam”...

“Adam”, c’est l’histoire d’une rencontre quelque peu fortuite entre deux femmes dans la médina de Casablanca. Le genre de rencontre inattendue, comme le destin sait si bien faire et qui peut changer le cours d’une vie. Samia est une mère célibataire, enceinte, qui arrive de la campagne pour faire adopter son enfant. Elle sera accueillie chez une jeune veuve, Abla, qui se bat pour vivre avec sa petite fille de 8 ans. Elle a perdu le goût de la vie depuis que son mari est mort. Les deux femmes vont faire un véritable chemin intérieur de réapprentissage, en allant l’une vers l’autre. 

Vous attendiez-vous à ce que votre film ait un tel succès?

Je n’y ai jamais réellement pensé. J’ai écrit ce film pour exprimer quelque chose. J’avais envie de partager une vision de la société à travers ces personnages. “Adam” est un film très intimiste, centré sur l’intériorité de deux femmes. Ici l’action n’est pas très importante, l’essentiel est le voyage intérieur que deux femmes et une petite fille vont parcourir. Mon seul désir était de raconter ce film avec le plus de sincérité possible et réussir à transmettre ma vision.

Comment avez-vous choisi vos actrices?

Comme il s’agit d’un film de personnages, j’avais vraiment besoin de sentir que les comédiennes qui allaient incarner les rôles de Samia et Abla pouvaient le faire de la manière la plus vraie et la plus juste possible. J’ai eu la chance de trouver deux comédiennes exceptionnelles qui sont Lubna Azabal et Nisrin Erradi, elles sont épatantes. Toutes deux ont une sensibilité, une profondeur et une palette de jeu vraiment incroyable. Il s’agissait de trouver chacune dans son rôle mais aussi de trouver l’alchimie parfaite entre les deux personnages en voyant comment elles réagissaient ensemble. Je voulais voir comment ces deux énergies pouvaient se mélanger et cela a été un véritable coup de foudre. C’est très beau ce qu’elles réussissent à transmettre individuellement et ensemble.

Il s’agit donc d’une histoire principalement féminine. Pourquoi avoir choisi d’appeler le film “Adam”?

Tout simplement Adam, comme le premier homme, l’homme qui doit aussi se questionner parfois et revenir à l’origine. C’est aussi pour moi une façon de rappeler qui porte la vie finalement: la femme. Chaque nouvelle vie, qu’elle soit masculine ou féminine, est portée par une femme. C’est donc une réflexion pour questionner la place de l’homme et celle de la femme dans nos société. C’est essentiel de se poser ces questions et il y a beaucoup de manières de se les poser...