MAROC
02/02/2016 15h:33 CET | Actualisé 02/02/2016 15h:56 CET

Marocopédia, une encyclopédie qui présente la richesse du patrimoine marocain

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Marocopédia, une nouvelle encyclopédie collaborative marocaine voit le jour

PATRIMOINE - "C'est en commençant à travailler sur les contes populaires marocains que je me suis rendu compte qu'une partie importante du patrimoine marocain n'était pas documentée", raconte au HuffPost Maroc Issam Boutrig, fondateur de Marocopédia, encyclopédie solidaire qui a vu le jour le 1er février, et qui se propose de répertorier le patrimoine marocain.

Marocopédia, qui compte sur des bénévoles pour étoffer son contenu, est scindée en deux parties: l'une consacrée au patrimoine oral, répertoriant "les histoires héritées de génération en génération, des légendes sans preuves écrites", et une seconde, scientifique, qui contient des définitions et des présentations relatives à la culture marocaine en "se référant à des ouvrages académiques et scientifiques ou à des sites spécialisés".

Le projet final, qui se présente sous la forme d'une carte interactive du Maroc mettant en relief le contenu produit par des collaborateurs, a nécessité trois ans de travail sans relâche. "Nous avons entamé une longue tournée, sommes allés dans des régions enclavées du Maroc afin d'emmagasiner les informations nécessaires", témoigne Issam Boutrig, revenu du Maroc après une dizaine d'années passées à Montréal, où il a travaillé dans le cinéma et la communication.

Pour concrétiser son projet, l'initiateur de l'encyclopédie a réuni une équipe de bénévoles qui ont donné de leur temps afin de donner naissance Marocopédia. "Nous avons réalisé une centaine de documentaires qui s'intéressent à plusieurs volets inconnus de la culture marocaine", nous confie-t-il.

Au fil des rencontres, Issam et son équipe recueillent des témoignages sur l'histoire, les légendes, la culture musicale ainsi que le mode de vie des marocains et les présentent sous forme de web-documentaires d'une dizaine de minutes sur leur plate-forme. "A Ouled Boukhalfa par exemple (un village près de Missour, ndlr), nous avons rencontré un berger qui était en réalité spécialiste de la poésie de la région. Il nous a beaucoup renseigné sur un patrimoine oral dont on connait peu de choses", se remémore Issam Boutrig.

Un projet ambitieux, mais peu de ressources

Pour faire réussir un projet de cette envergure, la recherche de financements s'imposait. "Nous avons rencontré beaucoup de difficultés pour bénéficier du soutien des institutions marocaines", affirme le fondateur de Marocopédia, non sans amertume, assurant que Microsoft est le seul établissement à leur avoir proposé son aide, en mettant à leur disposition des serveurs gratuits pendant trois ans. "Plusieurs associations sur place nous ont aussi assuré l'hébergement contre la réalisation de vidéos institutionnelles", concède-t-il.

"Nous cherchons des institutions et des fondations qui souhaiteraient nous accompagner sur le long terme."

Car si le projet en est à peine à sa première version, les ambitions sont grandes. "Nous envisageons de publier l'ensemble de nos articles en arabe, français, anglais et amazigh (transcrit en tifinagh, ndlr)", précise Issam Boutrig. Pour la version amazighe, un partenariat pourrait être signé avec l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM). "Mais encore une fois, les démarches sont très longues", regrette notre interlocuteur.

Ce premier jet devrait néanmoins servir de vitrine pour attirer d'éventuels partenaires. "Nous cherchons des institutions et des fondations qui souhaiteraient nous accompagner sur le long terme. Car mettre en place une encyclopédie est un travail de longue haleine", précise Issam Boutrig.

Marocopédia se présente sous forme de carte interactive.

Des projets de développement plein la tête

Le manque de moyens ne semble pas freiner l'ambition de ce trentenaire avide de culture et qui pense déjà à l'élaboration d'une nouvelle version de la plate-forme. "Nous souhaitons lancer une nouvelle version qui inclurait une application mobile ainsi qu'un logiciel interactif à destination des enfants", ambitionne le fondateur de Marocopédia.

"Nous souhaitons que les vidéos que nous avons réalisé touchent le plus de monde possible."

Ce dernier envisage aussi de mettre en place une caravane qui traversera plusieurs villes marocaines, et durant laquelle des documentaires seront projetés pour les enfants. "Nous souhaitons que les vidéos que nous avons réalisé touchent le plus de monde possible", souligne le jeune marocain dont le projet est en lice pour remporter le titre d'"application web de l'année".

Pour l'instant, les indicateurs sont bons car la plate-forme attire de plus en plus de lecteurs et voit son contenu s'enrichir de jour en jour. Quelque 300 définitions ont déjà été publiées sur le site, en plus des 100 vidéos réalisées. Pas moins de 500 membres se sont inscrits sur le réseau qui met en lumière des informations relatives à plus de 50 villes et 30 villages intégrés à la carte interactive.

Mais si Marocopédia se présente comme "la première encyclopédie solidaire du Maroc", d'autres projets similaires ont vu le jour auparavant. Parmi eux, WikiMaroc, un portail collaboratif qui reprend le modèle de Wikipédia et s'intéresse à l'histoire, la société, l'économie, les personnalités marocaines et la littérature.

Alors que Marocopédia mise sur la vidéo, l'image et les cartes interactives pour illustrer les informations, WikiMaroc, qui est édité en français, en anglais et en arabe, se contente pour l'instant du texte.

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