MAGHREB
23/01/2014 14h:10 CET

Maroc: Un violeur ne peut plus épouser sa victime pour échapper à la prison

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Fin de l'impunité pour les violeurs au Maroc

Au Maroc, jusqu’à hier, un violeur peut échapper à la prison en épousant sa victime si elle est mineure. Le Parlement s'est enfin prononcé, mercredi 22 janvier 2014 pour un vote favorable à l'amendement de l'article 475 du code pénal. Une avancée symbolique au royaume.

"Lorsqu'une mineure nubile ainsi enlevée ou détournée a épousé son ravisseur, celui-ci ne peut être poursuivi que sur la plainte des personnes ayant qualité pour demander l'annulation du mariage et ne peut être condamné qu'après que cette annulation du mariage a été prononcée", stipulait l'article 475 du code pénal marocain.

"Aujourd'hui, Amina Filali peut enfin reposer en paix", a déclaré la députée Khadija Rouissi du parti Authenticité et modernité (PAM), à l'AFP. En mars 2012, la jeune fille de 16 ans s’est suicidée après qu’on l’ait forcé a épouser son violeur. Un drame qui a relancé le débat sur l'abrogation de la loi. Un jeune cinéaste, Nadir Bouhmouch, a décidé alors de tourner un documentaire sur la condition féminine au Maroc, intitulé simplement "475".

"L'adoption par le Parlement marocain d'un amendement législatif qui supprime la possibilité pour les violeurs d'échapper aux poursuites s'ils épousent leur victime dans le cas où elle est âgée de moins de 18 ans est un pas important dans la bonne direction" a indiqué dans un communiqué l'organisation mondiale Amnesty International.

"Ce vote est une mesure positive, mais le Maroc doit encore mettre en place une stratégie exhaustive de protection des femmes et des filles de la violence, avec la contribution des groupes de défense des droits des femmes, qui ont été exclus du processus jusqu'à présent", a soutenu Hassiba Hadj Sahraoui, Directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Malgré l'entrée en vigueur d'un nouveau code de famille (Al Moudawana) en 2004 présentée comme une "avancée", il reste encore des choses à faire en matière des droits de femmes. Le Mariage des mineures reste permis après dérogation du juge. "De 30 000 en 2008, le nombre de cas est passé à plus de 35 000 en 2010 et avoisine désormais les 40 000, selon des chiffres officiels et ceux d'ONG" rapporte l'AFP.

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