MAROC
24/12/2018 12h:55 CET | Actualisé 29/08/2019 11h:16 CET

Maroc: 2018, une année marquante pour les femmes

Loi 103-13, Masaktach, Zanka Dialna, femmes adouls... Rétrospective des événements qui ont marqué le quotidien des Marocaines en 2018.

SOCIÉTÉ - Le rideau s’apprête à tomber sur 2018, une année particulièrement riche en événements pour le mouvement féminin (et féministe) au Maroc. Qu’elles soient activistes, politiques, femmes rurales, entrepreneures ou citoyennes engagées, les Marocaines sont parvenues, avec persévérance, à replacer les questions d’égalité et de respect des droits féminins au centre des débats. Une volonté de progrès qui ne se limite pas seulement aux relations hommes-femmes, mais aussi à la lutte de tous pour le respect des Droits de l’homme et de la démocratie, afin de transformer progressivement la société marocaine. Pour clôturer cette année, le HuffPost Maroc vous livre une rétrospective des événements qui ont marqué l’histoire des femmes du royaume en 2018. 

Loi 103-13 contre les violences faites aux femmes 

Anadolu Agency via Getty Images
RABAT, MOROCCO - MARCH 08: Women hold banners during a protest on 'violence against women' regarding the International Women's Day in front of Parliament Building in Rabat, Morocco on March 08, 2018. (Photo by Jalal Morchidi/Anadolu Agency/Getty Images)

Ce texte de loi, qui traînait dans les tiroirs du parlement depuis juin 2016, a finalement été adopté par la Chambre des représentants le 14 février dernier. Portée par la ministre des Femmes, de la Solidarité et de la Famille, Bassima Hakkaoui, la loi avait été boudée par les parlementaires et largement critiquée par les activistes et associations marocaines comme internationales.“Vide et insuffisante” pour l’organisation Mobilising for Rights Associates (MRA), “en dessous des normes internationales” pour l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), ou encore “cosmétique et conservatrice” pour le Mouvement mondial des droits humains, la loi 103-13 n’aura pas été la réforme tant attendue par les femmes marocaines.

Un pas en avant, deux pas en arrière, ce texte censé protéger les femmes n’interdit toujours pas la polygamie, ne criminalise pas le mariage des mineurs, ne punit pas le viol conjugal et ne reconnait pas encore l’égalité hommes-femmes dans le système successoral. Cependant, il impose des sanctions sévères aux harceleurs, notamment un à six mois d’emprisonnement et une amende de 2.000 à 20.000 dirhams. La loi s’applique non seulement au harcèlement de rue mais aussi aux propos à caractère sexuel tenus ou envoyés par SMS, messages vocaux ou encore à travers des photos. Si Bassima Hakkaoui s’estime fière de cette loi “moderne” qu’elle présente comme une avancée, les Marocaines, restées sur leur faim, planchent sur d’autres préconisations pour une réforme progressiste du code pénal. 

 “Pourquoi l’égalité dans l’héritage?”

DR
héritage

Si nos amies Tunisiennes se sont battues pour obtenir le droit à l’héritage au même titre que les hommes, au Maroc, le combat est loin d’être gagné. Mais des femmes comme Hakima Lebbar poursuivent la bataille, avec pédagogie. Dans son ouvrage intitulé “Les hommes défendent l’égalité en héritage”, cette psychanalyste et galeriste défendait les droits humains et de la femme à l’équité dans l’héritage. Une conviction qui lui a alors inspiré des projets artistiques où l’art stimule le débat et la sensibilisation. Ainsi, avec l’association l’Union féministe libre, elle a lancé, quelques jours avant la journée de la femme le 8 mars 2018, une série de capsules vidéos intitulée “Pourquoi l’égalité dans l’héritage?”

Pour marquer le coup, ce sont des hommes qu’elle place face caméra pour sensibiliser le jeune public autour de cette problématique. Mohamed Abdelwahhab Rafiqi, ancien cheikh salafiste connu sous le nom d’Abou Hafs, et Mohamed Assid, militant des droits Amazigh, se sont accordés, dans leur discours, à expliquer en 3 minutes que l’évolution sociale impose aussi une évolution dans le partage de l’héritage. ”À petits pas”, pour engager un dialogue national serein sur la question, Hakima Lebbar a sillonné le Maroc et allié à sa cause plusieurs associations locales rencontrées dans huit villes (de 4 à 5 associations par ville). Une union s’est tissée pour faire la force d’une campagne de sensibilisation baptisée “Hommes et Femmes, ensemble pour l’égalité dans l’héritage”. 

Dignité pour les ouvrières de Huelva

ABDELHAK SENNA via Getty Images
TO GO WITH AFP STORY 'SPAIN-MOROCCO-FINANCE-IMMIGRATION-AGRICULTURE-SOCIAL' BY FABIEN ZAMORA Moroccan seasonal workers travel by bus from Algeciras to the region of Huelva in southern Spain on March 5, 2009 after arriving by ferry from Tangier, northern Morocco. Only Moroccan married mothers are allowed to have a three-month seasonal contract with the obligation to leave their family at home, a guarantee for the Spanish governement they will return to Morrocco. In 2008, 95% of the 600 seasonal workers of the Agromartin farm in Lepe were foreigners recruited in their country of origin. AFP PHOTO ABDELHAK SENNA (Photo credit should read ABDELHAK SENNA/AFP/Getty Images)

Chaque année, elles sont des milliers de Marocaines à partir faire la cueillette des fraises en Espagne dans le cadre d’une convention avec le Maroc. Un exode pénible pour beaucoup d’entre elles qui travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Le 30 avril dernier, la version allemande de BuzzFeed publiait une enquête révélant des cas de femmes ayant subi violences, harcèlement sexuel et viols dans les exploitations agricoles.

Les témoignages, suivi d’une autre enquête du quotidien El Espanol, avaient fait l’effet d’une bombe et alerté plusieurs ONG mais aussi le ministère de l’Emploi marocain, qui dans la foulée, a démenti les accusations. Lors de la visite de prospection de trois entreprises opérant dans la filière des fruits rouges et de la fraise en Espagne, “aucun cas spécifique d’abus ou de violation à l’encontre des ouvrières marocaines n’a été constaté, ni à l’égard de leurs collègues dans les autres exploitations”, assurait un communiqué du département de Mohamed Yatim.  

Ces accusations ont toutefois permis de lever le voile sur les conditions de travail de ces femmes marocaines et aux associations telles que la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF), l’Union de l’action féminine (UAF), Jossour et l’Association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes (AMVEF), de mobiliser les deux gouvernements pour une batterie de mesures pour ces femmes. 

Ainsi, le Maroc et Espagne se sont mis d’accord pour donner à cette opération “un aspect culturel, humain et éducatif”. Des mesures sociales et d’autres assurant la sécurité des ouvrières saisonnières sont sur la liste de tout un arsenal de mesures. L’espoir est ravivé pour ces associations à condition que ces mesures ne restent pas lettres mortes. Car contrat de travail, accompagnement et frais du visa posent toujours problème aux yeux de la coordination pour qui “le gouvernement avait mal négocié pour ces femmes”.  C’est pourquoi ces associations veulent activer le mécanisme de partenariat gouvernement-ONG au plus vite.

Femmes adouls 

FS-Stock via Getty Images
Young Muslim woman praying in mosque with Quran.

Longtemps réservée aux hommes, la profession d’adoul a été officiellement autorisée aux femmes suite à une décision royale historique. Le 22 janvier dernier, lors du conseil des ministres tenu au palais royal de Casablanca, le roi Mohammed VI a chargé le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar, d’ouvrir aux femmes marocaines la profession d’adoul et “de prendre les mesures nécessaires pour réaliser cet objectif”, rapportait un communiqué du cabinet royal. Cette décision faisait suite à l’examen de la question par le ministère de la Justice et par le Conseil supérieur des oulémas. Ce dernier, appelé à émettre un avis à ce sujet, avait tranché positivement en faveur de cette mesure. 

La décision royale s’appuie, en plus de l’avis du conseil autorisant la femme à exercer la profession d’adoul “conformément aux dispositions de la chariâa relatives au témoignage (chahada) et ses différents types”, sur les “constantes religieuses du Maroc, en premier lieu les principes du rite malékite”, précisait la MAP. Mais aussi “en considération du haut niveau de formation et de culture scientifique acquis par la femme” et de “la qualification, la compétence et la capacité dont elle a fait preuve dans les différentes hautes fonctions qu’elle a assumées”, soulignait la même source. Dorénavant, les femmes pourront désormais rédiger des actes de mariage ou de divorce, ou d’autres actes légaux, notamment en matière d’héritage et de patrimoine. Lors du concours d’accès à la profession en mai dernier, les femmes représentaient 40% des 18.948 candidats du royaume. 

#Masaktach (Je ne me tais pas, ndlr)

Twitter/Masaktach
masaktach

Porté par l’un des hashtags les plus populaires de 2018, le mouvement contestataire ultra-féminin Masaktach est né au lendemain de l’affaire Khadija (même si beaucoup pensent à tort que le hashtag éponyme, rapidement devenu viral sur Twitter, dénonçait la diffusion sur les ondes de radios marocaines des chansons de Saad Lamjarred, inculpé pour viol). Lancé en septembre dernier en soutien à la jeune fille de 17 ans qui dit avoir été violée, séquestrée et torturée par un gang d’hommes dans la région de Beni Mellal, Masaktach dénonce surtout toutes les formes de violences et le non respect du consentement. “C’est un cri du coeur face à l’impunité des crimes commis sur les femmes”, expliquait cette année le mouvement au HuffPost Maroc

Le comité, qui compte en son sein plusieurs juristes et femmes engagées, espère à travers ces actions digitales, plus que jamais utiles à l’ère du hashtag, créer une vigilance et élever le seuil d’alerte sur les risques encourus par les femmes dans l’espace public comme privé, et de manière générale passer à la vitesse supérieure. “Lorsqu’il y une mobilisation de grande ampleur, il y a des résultats, c’est évident. Avec le premier hashtag #Masaktach, on a créé un débat, on interroge ceux qui ont la parole”, relève le comité, par ailleurs impliqué dans un travail de fond sur la jurisprudence et les peines infligées au Maroc pour les violences faites aux femmes.

Au quotidien, le mouvement lance des actions ludiques et pédagogiques, toujours accompagnées de hashtags. La dernière en date: #ila_dsser_seffri (s’il te manque de respect, siffle, ndlr), invitait les femmes, en novembre dernier, à investir les espaces publics et les bus armées de sifflets pour lutter contre le harcèlement sexuel. À Rabat, Casablanca, Marrakech et d’autres villes du Maroc, les femmes dans les rues et les transports se sont équipées d’un sifflet distribué par le collectif (ou trouvé pour quelques dirhams chez l’épicier du coin) et devaient souffler fort si un homme tentaient un rapprochement non désiré, une drague ou un sifflement inappropriés. Pour le comité, plus que jamais mobilisé depuis les récentes affaires de viol et d’agressions sexuelles qui ont ébranlé le Maroc, petit bouts de plastique et hashtags peuvent rendre aux femmes leur dignité dans l’espace public.

#ZankaDialna (la rue est à nous, ndlr) 

Houda Outa
Zanka dialna

“Pour toutes les femmes qui y ont été agressées, harcelées et qui se sentent obligées de presser le pas dans la rue”, le hashtag #ZankaDialna (oui, encore un) est une initiative citoyenne et spontanée, née en juin dernier d’un ras le bol de la situation des femmes dans la société marocaine, suite à l’inquiétante augmentation des cas de harcèlements, viols et insultes envers les femmes. Dès lors, Lamia, Lisa, Zahra, Sanaa et les autres ont décidé d’investir, le 15 septembre dernier, le boulevard Mohammed V à Rabat, pendant plus d’une heure, pour une performance silencieuse visant à aider les femmes à se réapproprier l’espace public. Un spectacle rare, et qui pourtant ne devrait pas l’être, réunissant une trentaine de femmes, marchant tête haute, le regard fier et la démarche sereine, le long du boulevard, dans le silence et le calme.

Pas de t-shirts à message ou de slogans féministes, juste des femmes qui réapprennent à investir l’espace, sans presser le pas ni baisser les yeux. “Nous sommes sorties dans la rue pour faire passer un message. Nous avons fait cela pour toutes les femmes qui y ont été agressées, harcelées et qui aujourd’hui évitent de marcher dans la rue. Elles baissent la tête et essaient de se faire le plus discrètes possible pour ne pas attirer les regards. Comme si elles n’avaient rien à faire dehors”, déclarait au HuffPost Maroc l’une des fondatrices du mouvement.

Une guerre silencieuse contre l’obscurantisme et la brutalité de nos rues, qui n’avait pas laissé les passant indifférents. “Les gens ont compris qu’il se passait quelque chose, beaucoup ont filmé ou se sont arrêtés pour regarder. Nous avions toutes des appréhensions avant l’expérience, mais à la fin, nous étions toutes très fières de nous. Il y avait des youyous, des applaudissements et un beau sentiment d’accomplissement” expliquait le mouvement. Une expériences qui pourrait bien se répéter, à l’avenir, dans d’autres villes du royaume.

Loi 19.12 sur le travail domestique 

AIC Press
loi domestique

Deux ans et demi. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la loi 19.12 encadrant le travail domestique, entre en vigueur le 2 octobre dernier, après un accouchement douloureux. Bien qu’elle ait le mérite d’encadrer une profession où dérives et exploitations sont monnaie courante, elle ne satisfait pourtant pas les défenseurs des droits des employés de maison, notamment ceux des mineurs. La société civile a pointé du doigt le travail des mineurs en général et celui des ‘petites bonnes’ en particulier, à raison. La polémique a enflé au point de provoquer l’ire du monde associatif et de presque faire oublier que la loi fraîchement adoptée encadre tout un pan du secteur informel et s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes, qu’ils soient jardiniers, gardiens ou aides ménagères.

Le texte impose en effet un contrat de travail, un salaire minimum, un jour de repos hebdomadaire, des congés annuels et prévoit des sanctions pécuniaires contre les employeurs en cas d’infraction. Mais autorise encore pour une période transitoire de cinq années l’emploi d’adolescents de 16 à 18 ans, au grand dam des défenseurs des droits de l’Homme. “Les relations d’exploitation de ces mineur(e)s avec leurs ‘employeur(e)s’ seront organisées suivant des dispositions conformes au Code du travail de 2004 qui organise les activités en ‘milieu ouvert’” fustigent les associations qui rappellent qu’on est considéré enfant jusqu’à 18 ans. Il sera toutefois interdit aux employeurs d’affecter un travailleur âgé entre 16 et 18 ans à des tâches dangereuses ou de nuit. Fini donc, en théorie, pour les adolescents, les gardiennages de nuit ou les repassages après minuit. 

En somme, une “belle loi” qui semble inapplicable sur le terrain. “Nous sommes contents d’enfin avoir un texte de loi qui encadre le travail domestique. Outre le volet sur le travail des mineurs, l’on peut même dire que c’est une belle loi. Ceci dit, nous restons sceptiques quant à son potentiel d’application sur le terrain”, confiait au HuffPost Maroc Meriem Othmani, présidente fondatrice de l’association INSAF. Car tvSans ce texte, pas moyen d’immatriculer les employés domestiques à la CNSS même si l’une des deux parties le souhaitait.

Spot télévisé le moins sexiste 

DR
Milo

En mai 2018, le Comité Parité et Diversité de la chaîne télévisée 2M lançait un concours pour soulever la question de l’image de la femme dans la publicité et la libérer du carcan de la mère-épouse/ménagère/fille à marier. La première édition du Trophée Tilila (liberté en amazigh, ndlr) a récompensé, en octobre dernier, le spot publicitaire le plus respectueux de l’image de la femme à la télévision et fait partie de “l’arsenal d’outils” mis en place par la chaîne pour lutter contre les clichés à l’égard des femmes à la télévision, sensibiliser les producteurs de contenus publicitaires et promouvoir la parité et l’égalité femmes-hommes. Le comité, présidé par Khadija Boujnaoui, invite les agences de publicité et les créatifs à réaliser des spots qui montrent “la femme telle qu’elle est réellement en société, et qui assume d’autres rôles que ménagère dans sa cuisine”, nous précisait la présidente.

Et c’est le spot télévisé “Ntaawnou Ala Chqa” (’Faisons le ménage ensemble”), de la marque de détergents Mio et réalisé par l’agence RAPP Maroc, où l’on voit des hommes et des garçons qui tiennent le balai et s’accommodent de tâches ménagères, qui a remporté le premier trophée. La vidéo avait marqué les esprits, tant dans le monde de la publicité marocaine que du grand public. “On s’est interdit de tomber dans les clichés et les stéréotypes de genre”, soulignait Reda Lahmouid, directeur de l’agence RAPP. “Notre créneau dans l’agence est de parler à l’intelligence du Marocain et pour cette publicité, nous voulions lancer le débat sur la place de la femme dans la société marocaine en abordant le sujet du partage des tâches domestiques”. 

Après sa sortie, la publicité, qui a également été publiée sur la page Facebook de la marque, avait récolté, en moins de 24 heures, plus de 220.000 vues et avait été partagée plus de 1600 fois. La marque Mio avait confirmé qu’une partie du million de dirhams de publicités médias remporté sera reversée à une association de protection des droits de la femme dont le nom n’a pas été divulgué. L’agence de communication nous a par ailleurs confirmé qu’elle réalisera gratuitement un spot publicitaire et des visuels pour cette association. 

Femmes dans le monde du cinéma 

Saad Tazi
femmes cinéma

Petite révolution dans l’industrie du cinéma marocain. Cinq professionnelles du 7eme art national ont appelé les femmes du milieu à se rassembler sur le tapis rouge du Palais des Congrès dans le cadre du Festival international du film de Marrakech (FIFM), le 5 décembre dernier. Objectif? Réclamer la parité à travers une photo symbolique. Dounia Benjelloun-Mezian, fondatrice de Dounia Productions, la productrice Lamia Chraibi, et les réalisatrices Farida Benlyazid, Narjiss Nejjar et Simone Bitton, ont allié leurs forces pour lancer la Fondation Tamayouz et créer une dynamique visant à permettre aux Marocaines un meilleur accès aux métiers de la production et de la réalisation cinématographique.

Elles sont nombreuses à avoir répondu à leur appel, sur le tapis rouge du FIFM: Asmaa Khamlichi, Sarah Perles, Meryem Benm’Barek et près de 50 autres femmes professionnelles du cinéma, techniciennes, réalisatrices, productrices, auteures, critiques, ont ainsi posé devant l’objectif pour un cliché qui restera gravé dans les annales du cinéma marocain, car il marque un moment fort pour ces femmes qui n’ont pas toujours la reconnaissance qu’elles méritent. Si les cinq fondatrices s’accordent en effet à dire que les femmes occupent d’ores et déjà une position forte dans le secteur national de la production avec une capacité à accompagner leur projet avec engagement et bienveillance, elles constatent cependant une présence insuffisante de leur part dans les métiers de la réalisation et de la création scénaristique.

“Notre fondation a pour ambition d’offrir à de jeunes talents féminins le tremplin nécessaire afin d’atteindre un niveau d’expertise pointu et une visibilité accrue sur la scène nationale et internationale”, soulignait Dounia Benjelloun-Mezian. Ainsi, la fondation facilitera l’inscription de jeunes talents dans différentes résidences de formation à l’international telles que Sundance, Torino film lab, Rawi, Tribeca, la Fabrique du Cinéma du monde... et ambitionne d’offrir, dès 2019, une bourse d’étude sur 4 ans à une ou plusieurs candidates bachelières admises à l’École supérieure des arts visuels de Marrakech (ESAV).