ALGÉRIE
07/06/2018 03h:06 CET

Marches des médecins résidents dans plusieurs villes, Hasbellaoui prolonge le bras de fer

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Les médecins résidents ont organisé mercredi 06 juin 2018 des marches dans plusieurs villes du pays, dont Tizi-Ouzou et Annaba, pour “réitérer (leur) détermination inébranlable à mener (leur) combat jusqu’à l’obtention de (leurs) revendications”.

Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) a annoncé  dans un communiqué daté du lundi 04 juin 2018 la reprise de son mouvement de protestation, “faute de négociations fructueuses” avec le ministère de la Santé et de la réforme hospitalière malgré 7 mois de grève. 

Les médecins résidents, qui ont décidé dimanche de ne pas reprendre les gardes dans les hôpitaux, ont effectué mardi et mercredi “plusieurs actions régionales pacifiques” pour dénoncer “le mutisme de la tutelle et du gouvernement” face à leurs protestations.

A Sidi Bel Abbès, mardi, ils ont tenu un sit-in dans l’enceinte du centre hospitalo-universitaire Abdelkader Hassani. Ils ont ensuite organisé une marche pacifique menant vers la faculté de médecine de la wilaya.

Les médecins résidents, qui appelaient à travers leurs slogans à “rester debout” face “aux pratiques de la tutelle”, ont été encadrés par un important dispositif sécuritaire. La marche s’est toutefois déroulée dans le calme, sans incident.

Hier, les médecins résidents se sont rassemblés dans trois autres villes, en l’occurrence Tlemcen, Tizi Ouzou et Annaba, pour organiser d’autres marches pacifiques et dire, expliquait le CAMRA, “stop à la manipulation et les menaces comme seul moyen de dialogue”.

A Tizi Ouzou, les médecins résidents, issus de Blida, Alger, Béjaïa, mais également de Tlemcen et d’Oran, se sont réunis à la faculté de médecine du campus Hasnaoua I, de l’université Mouloud Mammeri, afin de marcher vers la placette de l’Olivier, en passant par le CHU Nédir Mohamed. 

La marche, initiée par le CAMRA, s’est également déroulée sans incidents, contrairement à celle effectuée à Annaba. Les grévistes, qui devaient démarrer de la faculté de médecines, ont été réprimés par les forces de l’ordre. Ces dernières ont tenté de bloquer le départ de la marche, faisant appel à “des interventions musclées”, dénonce le Collectif.

Hasballaoui prolonge le bras de fer 

Les médecins résidents, dont la grève dure depuis plus de 7 mois, revendiquent la révision du service civil dans sa forme actuelle.  Ils ont tenté plusieurs sits-in et manifestations dans les grandes villes du pays, dont la majorité se sont soldées par une répression policière.  

Ils avaient justement cessé leur participation aux gardes dans les hôpitaux le 29 avril, suite à une répression policière contre leur rassemblement devant l’APN à Alger.

Ils avaient ensuite exigé des “négociations fructueuses” avec le ministère de la Santé avant le 03 juin pour reprendre les gardes, avant d’opter pour la poursuite du mouvement de protestation, faute de réponse de la part de la tutelle dans les délais suggérés.

Et le conflit ne cesse de s’enliser. Après avoir appelé à la réquisition des médecins résidents pour les gardes et recouru, en vain, à la justice, Mokhtar Hasballaoui, ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, a émis dimanche 03 juin 2018 une nouvelle instruction aux directeurs de la Santé, relative à l’installation à titre privé de médecin spécialiste.

Dans cette instruction, le ministre a exigé que toute demande d’installation à titre privé de médecins spécialistes soit être soumise à l’approbation préalable des services de la Direction générales des Services de Santé et de la Réforme hospitalière. 

“Toute autorisation d’installation non visée par cette direction sera nulle et non avenue”, a-t-il conclu (Voir ci-dessous).