MAROC
22/02/2019 09h:39 CET | Actualisé 22/02/2019 09h:40 CET

La DGSN s’explique sur son intervention musclée lors de la manifestation du 20 février à Rabat

Un canon à eau et des matraques ont été utilisés pour disperser la foule.

Associated Press

MANIFESTATIONS - La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) s’est expliquée jeudi soir sur les interventions des éléments de la force publique lors de la manifestation des enseignants contractuels mercredi 20 février.

Dans un communiqué, la DGSN a indiqué que “les interventions effectuées avaient essentiellement pour objectif la préservation de la sécurité et de l’ordre publics”, soulignant qu’elles eu lieu “suite à l’insistance de certains participants (...) de sortir du tracé préétabli et de dépasser les dispositifs de sécurité, dans une tentative d’organiser un rassemblement qui pourrait porter atteinte à la sécurité publique”.

Ces interventions “ont été opérées dans le cadre de la loi, tout en veillant à équilibrer et à concilier la protection de la sécurité et de l’ordre publics, d’une part, et la garantie des droits et des libertés, d’autre part”, souligne la DGSN.

Cependant, “la violation préméditée, par quelques participants, des mesures sécuritaires et leur irruption au milieu des dispositifs de sécurité qui étaient en place pour protéger les biens publics et privés, ont dicté l’usage des équipements préventifs afin de disperser la foule, après avoir épuisé les recours à toutes les mesures et avertissements prévus par la loi”, a expliqué la DGSN.

D’après la même source, cinq éléments des forces de l’ordre ont été blessés dans ces évènements, tandis que les interventions n’ont abouti à aucune arrestation parmi les participants et à aucune application de mesures de précaution privatives de liberté. 

Tout en affirmant que toute intervention de protection de l’ordre public est effectuée dans le cadre de la loi, la DGSN a démenti de manière catégorique les allégations véhiculées par certains au sujet de ces évènements.

Mercredi, des milliers d’enseignants ont répondu à l’appel de la coordination des enseignants contractuels pour manifester contre les contrats à durée déterminée dans l’enseignement. Ils ont été très nombreux à circuler dans les principaux axes de Rabat, réclamant des réponses concrètes à leurs revendications et dénonçant la négligence de l’État.

Ils ont profité de la date du 20 février, qui coïncide avec le 8e anniversaire du mouvement pro-démocratique né en 2011 durant le printemps arabe, pour organiser cette manifestation pendant laquelle de nombreuses personnes ont été blessées suite à une intervention des forces de l’ordre. Celles-ci ont notamment utilisé un canon à eau et des matraques pour disperser la foule qui voulait emprunter une avenue menant au palais royal, ce qui n’était pas prévu dans le circuit annoncé aux autorités, selon l’AFP.

“On a été maltraités par les forces de l’ordre alors qu’on demande notre droit. Il était temps d’affronter l’État, on est tout simplement contre les contrats à durée déterminée dans l’enseignement. On ne les laissera pas faire ce qu’ils veulent du secteur de l’éducation”, a témoigné une enseignante interrogée sur place par le HuffPost Maroc.