MAROC
22/09/2018 12h:59 CET

"Maniac" de Netflix va vous retourner le cerveau

Une plongée haute en couleur dans des subconscients torturés par les épreuves de la vie.

NETFLIX

SÉRIES TV - Netflix a mis en ligne vendredi 21 septembre “Maniac”, création originale au pays des rêves et subconscients torturés par les épreuves de la vie.

Une plongée entre science-fiction et psychologie avec Emma Stone, Jonah Hill, Justin Theroux et Sally Field, supervisée par Cary Fukunaga, réalisateur de la saison 1 de “True Detective” bientôt aux manettes du prochain “James Bond”.

Cette exploration des conflits intérieurs, étalée sur dix épisodes, est-elle aussi incroyable qu’elle en a l’air? Le HuffPost France a pu visionner l’intégralité de la série et vous partage son avis ci-dessous.

“Maniac” raconte l’histoire d’Annie Landsberg et Owen Milgrim, deux inconnus participant aux derniers essais cliniques d’un mystérieux traitement pharmaceutique promettant de mettre un terme à toute souffrance psychologique, de la simple rupture amoureuse aux maladies mentales les plus compliquées.

Annie, traumatisée par un drame familial, se lance dans l’aventure pour infiltrer le laboratoire et s’y procurer des cachets auxquels elle est devenue accro. Owen, totalement délaissé par ses parents milliardaires, se bat lui contre la schizophrénie qu’on lui a diagnostiquée.

Un peu de patience

L’introduction de ces personnages se fait de manière assez inhabituelle et contraint le téléspectateur à une certaine gymnastique: le premier épisode nous présente Owen, le second Annie. Il faut attendre le quatrième chapitre pour qu’Emma Stone et Jonah Hill poussent enfin ensemble la porte de leur subconscient. Une narration qui aurait vraiment du mal à passer si les épisodes étaient diffusés au rythme d’un par semaine...

Il faut donc s’armer de patience pour les premières heures et ce d’autant plus que l’on est installé dans un monde déroutant. “Maniac” ne s’arrête pas pour expliquer le New York qui sert ici de décor: à première vue perdu dans les années 1980... mais en fait dans une sorte de futur... qui n’est autre que notre époque. Entre robots ramasseurs de crottes de chien arpentant les rues et location d’acteurs prétendant être vos amis dans cette immense ville qui n’a plus le temps pour les sentiments, le spectateur est lâché dans un Manhattan glacial dont la grisaille tente d’être camouflée sous les couleurs aveuglantes d’innombrables néons publicitaires.

Ce contraste s’intensifie encore quand les deux personnages principaux mettent les pieds dans les locaux de Neberdine Pharmaceutical & Biotech pour le fameux essai clinique prometteur. Les scènes y sont souvent intégralement teintées d’un rouge, rose, bleu ou vert intenses. Une palette chromatique éblouissante qui se met particulièrement en branle quand Annie et Owen -et les huit autres volontaires sélectionnés pour cette expérience- plongent dans leur subconscient grâce à une série de trois comprimés et une intelligence artificielle puissante... qui ne va pas suivre les consignes programmées.

Si ces débuts chargés en informations et parfois difficiles à suivre vous épuisent, courage: ce sont justement ces plongées, que l’on commence à voir à partir du quatrième épisode quand les patients sont endormis par les médecins et scrutés par des machines, qui sont les plus divertissantes.

Aventures dans l’aventure

Ces hallucinations censées permettre aux patients de revenir sur leurs traumatismes passés pour mieux les gérer viennent en effet redonner un rythme plus soutenu à la mini-série. Entrecoupées avec les analyses des médecins qui observent leurs sujets endormis derrière une vitre, ces expériences offrent plusieurs aventures complètement différentes. Comme dans des rêves, les personnages sont catapultés au beau milieu de situations improbables -inspirées des films de mafia, d’espionnage ou encore du “Seigneur des anneaux”- qu’ils trouvent tout à fait naturelles.

Des interludes qui reflètent toujours le mal-être des personnages d’une manière ou d’une autre, avec des pointes d’humour bienvenues, où brille surtout Emma Stone. Jonah Hill fonctionne pour sa part mieux quand son personnage se débat avec ses démons dans le monde réel. Sally Field, dont l’apparition ne se fait que dans la seconde partie de la série, s’impose elle à chaque fois qu’on la voit à l’écran.

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Le Dr. Greta Mantleray (Sally Field) vient prêter main forte au Dr. James K. Mantleray (Justin Theroux), perdu face à l'intelligence artificielle qu'il a aidé à créer.

Reste ensuite à essayer de comprendre quel est le message de “Maniac” dans son ensemble. Aussi intrigants et agréables soient les épisodes (mis à part le démarrage), quelle est la conclusion à en tirer?

Une réflexion sur la douleur émotionnelle, les relations, l’isolement? Plus les épisodes avancent et plus la mini-série de Netflix se laisse aller aux bons sentiments, donc ce n’est pas vraiment de ce côté-là qu’il faudra chercher.

Ou serait-ce sur la maladie? On en doute car le sort d’Owen, dont les troubles psychologiques vont bien au-delà de ceux d’Annie et requièrent une prise en charge professionnelle, est quelque peu mis de côté. Si l’on comprend la gestion du traumatisme de la jeune femme -plus classique et dont il est donc plus facile de faire le tour en dix épisodes-, on regrette que la condition médicale de son partenaire dans cette expérience ne soit pas davantage explorée.

Des aspects qui peuvent en tout cas être évacués si l’on choisit de regarder “Maniac” pour le spectacle visuel qu’il est, tel un rêve bariolé dont on se réveille tout excité mais dont le souvenir finira par rapidement s’estomper.

Cet article a initialement été publié sur le HuffPost France.