TUNISIE
15/03/2018 04h:46 CET | Actualisé 15/03/2018 07h:11 CET

Le juge d'instruction du Tribunal militaire de Tunis émet un mandat d'amener à l'encontre de Najem Gharsalli, son avocat évoque un "dossier politique"

Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images
TUNIS, TUNISIA - AUGUST 5: Tunisian Interior Minister Mohamed Najem Gharsalli holds a press conference in Tunis, Tunisia on August 5, 2015. (Photo by Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images)

Un mandat d'arrêt a été émis par le juge d’instruction du Tribunal militaire de Tunis à l'encontre de l'ancien ministre de l'Intérieur et ancien ambassadeur de la Tunisie au Maroc, Najem Gharsalli a confirmé mercredi son avocat, et ce dans le cadre de l’affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat dans laquelle est également impliqué l’homme d’affaires Chafik Jarraya

Des agents se sont rendus mardi soir au domicile de M. Gharsalli mais ne l'ont pas trouvé rapportent plusieurs médias.

L'avocat de l'ancien ministre de l'Intérieur Saber Bouattay a affirmé à la radio Shems FM que son client n'avait pas pris la fuite, indiquant avoir présenté lundi un certificat médical au juge d'instruction concernant l'état de santé critique de client.

"C'est devenu un dossier politique. (...) À chaque fois que l'étau se resserre sur le gouvernement, on ressort un élément du dossier" déplore Bouattay.

L'avocat affirme ne plus avoir confiance en la justice: "Après la réunion de Carthage, le mandat de dépôt a été émis. Cela est claire qu'il y a un but politique à cette affaire".

"Mon client n'est pas en état de fuite. Nous dévoilerons la vérité sur le dossier au public. Mon client ne sera pas arrêté" a-t-il conclu.

À la fin du mois de février, l'ancien ministre de l'Intérieur devait être auditionné par le Tribunal Militaire en tant qu'accusé mais il ne s’était pas présenté comme prévu.

Selon ses avocats, il n’avait pas reçu la convocation qui lui a été adressée par le juge d’instruction militaire, comme dispose la loi.

En janvier 2018, Najem Gharsalli a repris son poste de procureur général à la Cour de cassation, et ce sans pour autant profiter de l’immunité des juges. Suspecté d'être impliqué dans l’affaire Chafik Jarraya, "Gharssali ne peut retrouver son immunité judiciaire qu’après la clôture définitive de l’affaire, objet de la levée d’immunité", a affirmé le porte-parole du Conseil supérieur de la magistrature, Imed Khaskhoussi.

Le 2 janvier, le Conseil supérieur de la magistrature a décidé de lever l'immunité du juge Najem Gharsalli, suite à une demande faite de la part du juge d’instruction militaire près le Tribunal militaire permanent de première instance.

En novembre 2017, une rumeur avait été lancée concernant l'émission d'un mandat de dépôt à l'encontre de l'ancien ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli, et qui a, rapidement été démentie par le Procureur général de la direction militaire.

Il est à rappeler que Najem Gharsalli avait été, à plusieurs reprises, entendu par le tribunal militaire en tant que témoin, dans l'affaire impliquant l’homme d’affaires Chafik Jarraya, l’un des barons de la contrebande et de la corruption, arrêté en mai dernier pour trahison, atteinte à la sécurité publique et intelligence avec une puissance étrangère.

Gharsalli a été démis de son poste d'ambassadeur de Tunisie au Maroc, fin octobre dernier, sans que les motifs de cette décision ne soient donnés.

Il avait été nommé à ce poste en février 2016, un mois après avoir quitté le gouvernement de Habib Essid dans le cadre d'un remaniement ministériel.

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