ALGÉRIE
21/01/2019 10h:41 CET

Mali: Dix Casques bleus tchadiens tués dimanche dans la pire attaque contre l'ONU

Adama Diarra / Reuters

Dix Casques bleus tchadiens ont été tués et au moins 25 autres ont été blessés, a annoncé le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres dans un communiqué. Un précédent bilan faisait état de huit casques bleus tués.

Le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l’attaque, indiquant avoir agi «en réaction contre la visite (dimanche) du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Tchad», selon l’agence de presse mauritanienne Al-Akhbar, connue pour recevoir et diffuser régulièrement des communiqués de cette mouvance

À l’aube, les Casques bleus du contingent tchadien stationnés à Aguelhok, dans le nord-est du pays, à 200 km de la frontière algérienne, ont «repoussé une attaque complexe lancée par des assaillants arrivés à bord de nombreux véhicules armés», a expliqué la mission de l’ONU au Mali (Minusma).

S’ils ont essuyé de lourdes pertes, les Casques bleus ont réussi à «neutraliser nombres d’ennemis» et à «poursuivre les assaillants dans leur déroute».

Déployée en 2013, après que le nord du Mali est tombé sous la coupe de jihadistes liés à Al-Qaïda, la Minusma, qui compte environ 12 500 militaires et policiers, avait déjà perdu jusque-là plus de 160 Casques bleus, dont une centaine dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des soldats de l’ONU tués pendant cette période dans le monde.

L’attaque de dimanche est la plus meurtrière pour l’ONU dans ce pays, toujours en proie à la menace jihadiste malgré plusieurs années d’intervention internationale.

L’attaque coïncide avec l’arrivée à N’Djamena de M. Netanyahu, pour la première visite d’un chef de gouvernement israélien dans ce pays africain à majorité musulmane, parmi les plus engagés dans la lutte contre les organisations jihadistes Boko Haram et Etat islamique dans la bande sahélo-saharienne et en Afrique de l’Ouest.

La ministre française des Armées, Florence Parly, avait indiqué dimanche matin que la force antijihadiste du G5 Sahel était «en train de reprendre ses opérations». Après une lente montée en puissance, cette force, constituée par cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) et qui doit atteindre 5000 hommes à pleine capacité, a connu un coup d’arrêt avec l’attaque de son QG le 29 juin à Sévaré, dans le centre du Mali.