01/04/2019 18h:26 CET | Actualisé 01/04/2019 18h:26 CET

Malgré une croissance économique à la baisse, la consommation des ménages marocains a explosé

Dans un contexte d’inflation maîtrisée, relève le HCP.

Youssef Boudlal / Reuters

ÉCONOMIE - Au quatrième trimestre de 2018, la croissance économique s’est située à 2,9% contre 4,4% durant la même période l’année précédente, indique un rapport du Haut-Commissariat au plan (HCP). Dans un contexte d’inflation maîtrisée, si la croissance nationale ralentit dans sa globalité, il en est tout autrement pour la consommation des ménages qui a explosé à la fin de l’année. 

La consommation des ménages a permis de tirer légèrement la croissance nationale vers le haut malgré l’inflation, précise le HCP dans sa note. La demande intérieure a affiché un taux d’accroissement de 2% durant le quatrième trimestre de l’année 2018 au lieu de 3,8% durant la même période de l’année précédente, contribuant ainsi pour 2,2 points à la croissance économique nationale au lieu de 4,2 points une année auparavant. Ainsi, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 3,9% au lieu de 1,9%, ajoutant 2,2 points à la croissance au lieu de 1,1 point.

Du côté des administrations publiques, la consommation finale a également connue une très légère augmentation de 1,9% contre 1,2% le quatrième trimestre de l’année précédente, avec une contribution à la croissance de 0,3 point au lieu de 0,2 point.

Quant à l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation de stocks), il a enregistré une baisse de 1% au quatrième trimestre 2018 au lieu d’une hausse de 8,3% une année auparavant, avec une contribution négative à la croissance de 0,3 point au lieu d’une contribution positive de 2,9 points, durant le même trimestre de l’année précédente, souligne la même source. 

S’agissant de l’inflation, la note précise que, aux prix courants, le PIB a connu une augmentation de 4,8% durant le quatrième trimestre de 2018, ce qui a permis à la hausse du niveau général des prix de se situer à 1,9% au lieu de 2% une année auparavant.

Ralentissement des activités sectorielles

La note du HCP relève par ailleurs un net ralentissement du rythme de croissance du secteur primaire, passant de 10,9% au quatrième trimestre de 2017 à 2% pour la fin de l’année 2018. Ce chiffre est le résultat de la hausse de la valeur ajoutée de l’activité agricole de 3,5% au lieu de 13,6% une année auparavant et de la baisse de celle de la pêche de 15,7% au lieu de 16,9%. 

La valeur ajoutée (VA) du secteur secondaire, en volume, a de son côté signé un recul de son taux d’accroissement pour se situer à 3,2% durant le dernier trimestre de 2018 contre 4,6% le même quart de l’année précédente, en raison du ralentissement du rythme d’accroissement des activités de l’industrie d’extraction à 0,3% au lieu de 19,9% et du bâtiment et travaux publics à 0,4% contre 1,9% avec, cependant, l’amélioration de la croissance de celles de l’électricité et eau de 7% (contre 6,8%) et des industries de transformation de 3,9% (3,2% au T4-2017), précise le HCP. 

Le secteur tertiaire a vu sa valeur ajoutée connaitre une légère progression de 3,1% au lieu de 2,9% le même trimestre de l’année 2017. Une augmentation marquée par l’amélioration des activités de commerce (4,5% contre 2,2%), des services financiers et assurances (3,9% contre 2,1%), des postes et télécommunications (2,7% au lieu de 0,5%) et des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (0,8% contre une baisse de 0,6%). Cependant, un ralentissement de la croissance des activités des hôtels et restaurants à 5,9% (contre 11,9%) est à noter, ainsi que des services rendus aux ménages et aux entreprises à 3% (contre 3,7%) et du transport à 1,7% au lieu de 5,5%. Au total, la VA des activités non agricoles a connu, ainsi, une hausse de 2,9%.

Parallèlement, le HCP indique que le revenu national brut disponible a vu sa progression baisser à 1,5% au quatrième trimestre 2018 au lieu de 8,2% l’année précédente, faisant savoir que l’épargne nationale s’est établie à 29% du PIB contre 32%, compte tenu d’un accroissement de 4,2% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 3,4% enregistré une année auparavant.

Le besoin de financement de l’économie nationale a augmenté à 6,1% du PIB après avoir été de 3,3% au quatrième trimestre 2017, compte tenu de l’investissement brut (35,1% du PIB), conclut la même source.