MAROC
05/11/2018 11h:53 CET | Actualisé 05/11/2018 16h:35 CET

Malgré les réformes et l'automobile, les IDE toujours en baisse à fin septembre 2018

Une baisse légère alors que le Maroc s'était imposé en 2017 comme le pays le plus attractif d'Afrique.

raybon009 via Getty Images

ÉCONOMIE - Le flux des Investissements directs étrangers (IDE) au Maroc s’est établi à 19 milliards de dirhams à fin septembre 2018, en recul de 2,7% par rapport à la même période un an auparavant. L’Office des changes indique que ce repli est imputable à une hausse des dépenses (+43,6%) plus lourde que celle des recettes (+8%). Les dépenses au titre des IDE s’élèvent ainsi à 8,5 milliards de DH et sont constituées de 37,1% de remboursement des instruments de dette.

En 2017, les entrées d’IDE étaient en hausse de 23% au Maroc et atteignaient 2,7 milliards de dollars. Ceci alors que les investissements directs étrangers étaient en déclin l’année dernière dans le contexte plus général de l’Afrique du Nord et surtout de l’Afrique (moins 21%) du fait de la chute du prix des produits de base. Cette hausse des IDE au Maroc était caractéristique d’une économie davantage diversifiée et était, pour une large part, attribuable à des investissements conséquents dans le secteur automobile. Selon le cabinet Ernst & Young, “le secteur automobile continue d’attirer des investisseurs au Maroc, un pays qui cherche à se positionner comme un hub international pour cette industrie.  En décembre dernier, le gouvernement a ainsi signé des contrats portant sur 26 projets pour l’industrie automobile, soit un montant de 1,45 milliard de dollars”.

Le rapport 2018 d’Ernest and Young sur les investissements en Afrique indique que le Maroc a rattrapé l’Afrique du Sud. Le royaume partage désormais la première place en termes d’IDE en Afrique. Selon le document, les deux pays auraient attiré chacun 96 projets d’investissements étrangers en 2017. 

À noter que le royaume a mené des réformes afin d’améliorer l’environnement des affaires. C’est ce que souligne en partie le rapport Doing Business 2019, référence de la Banque mondiale sur le climat des affaires, qui en a retenu quatre. Le pays a permis ainsi de rendre la création d’entreprise moins coûteuse en supprimant les frais d’inscription et les droits de timbre. Sur le volet du transfert de la propriété, le Maroc a facilité l’enregistrement des biens en augmentant la transparence du cadastre et en simplifiant les procédures de transfert de la propriété réalisée par la conservation foncière. Concernant le commerce transfrontalier le royaume a facilité l’exportation et l’importation en dématérialisant les procédures. S’agissant de l’indicateur du règlement de l’insolvabilité le pays a reformé son code du commerce.

Cependant, des risques se profilent, y compris sous la forme de crises et tensions relatives aux échanges internationaux qui pourraient avoir des conséquences en matière d’IDE. Dans une récente interview, le gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, livrait au HuffPost Maroc sa lecture de la situation. “Nos partenaires sont essentiellement européens, mais l’Europe est malade et se remet doucement depuis près de 10 ans, sans compter que les crises politiques que traverse le vieux continent n’arrangent pas les choses. Avant, c’était la Grèce puis l’Italie. Aujourd’hui nous assistons à la montée du populisme. Il faut aussi dire que l’UE n’arrive pas à se mettre d’accord sur la convergence des politiques fiscales, ni sur sa politique migratoire. Tout cela influe sur la demande qui est exprimée vis-à-vis du Maroc”, indiquait-il à notre rédaction.