ALGÉRIE
10/11/2019 12h:33 CET

Mahmoud Abbas, 83 ans, est l’unique candidat du Fatah aux présidentielles palestiniennes

Des opposants palestiniens soupçonnent Mahmoud Abbas de ne pas être déterminé à organiser des élections. L’un d’eux, le député Majed Abou Chamala, chef de fil d’un courant appelant à réformer le Fatah, a appelé à lui "ôter tout prétexte pour ne pas organiser de scrutin".

AFP
Palestinian President Mahmoud Abbas has said he would discuss plans for new elections with all factions; pictured October 6, 2019 (AFP Photo/ABBAS MOMANI)

Mahmoud Abbas est l’unique candidat du Mouvement de libération de la Palestine (Fatah) aux élections présidentielles, ont affirmé les principaux responsables de cette organisation lors d’une réunion extraordinaire tenue hier samedi à Ramallah.

Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, qui a rapporté l’information, les responsables du Fatah ont justifié leur décision par la “forte présence, aux niveaux local et international”, de l’actuel président de l’Autorité palestinienne  (AP), la “fermeté de ses positions” et sa “résistance face aux défis” qu’affrontent les Palestiniens.

Ces responsables, ajoute Wafa, ont exprimé leur adhésion à la position de Mahmoud Abbes préconisant que ces élections aient lieu aussi bien en Cisjordanie qu’à Gaza et à Jérusalem-Est occupé.

Né en 1935, Mahmoud Abbas est âgé de 83 ans, ce qui est un âge plutôt avancé.

Les élections générales palestiniennes (législatives et présidentielles) sont considérées comme une manière de mettre fin, par les urnes, aux divisions des Palestiniens, notamment entre le Fatah et le Hamas (islamiste). Cette division est dramatiquement illustrée par une division territoriale entre les la Cisjordanie gouvernée par la première organisation et la bande de Gaza, gouvernée par la seconde.

En dépit d’un large accord sur leur principe, il n’y a pas encore d’accord sur les modalités pratiques d’organisation de ces élections entre les différentes factions palestiniennes.

Mahmoud Abbas n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature à sa propre succession à la tête de l’AP.

Selon un analyste de l’agence de presse Maân, l’annonce de la candidature de Mahmoud Abbas a pour but d’empêcher des fissures dans le mur du Fatah qui apparaîtraient immanquablement si le nom de son candidat n’était pas vite connu.

Des opposants palestiniens soupçonnent Mahmoud Abbas de ne pas être déterminé à organiser des élections. L’un d’eux, le député Majed Abou Chamala, chef de fil d’un courant appelant à réformer le Fatah, a appelé à lui ”ôter tout prétexte pour ne pas organiser de scrutin”.

 

Un ancien “modéré” réputé aujourd’hui “radical”

Mahmoud Abbas a succédé en 2004 à Yasser Arafat. Premier ministre du leader palestinien charismatique, il était réputé pour sa “modération”. Son installation à la tête de l’AP avait été considérée comme une garantie d’“ouverture” sur des thèmes de négociation ardus comme les frontières de l’Etat palestinien prévu par les Accords d’Oslo ou le retour des réfugiés, catégoriquement rejeté par Israël.

Avant d’être élu président, Mahmoud Abbas avait été un des artisans du cours modéré pris par l’OLP dans ses rapports avec l’Etat hébreu. Ce cours s’était illustré par les Accords d’Oslo(1993) et l’Accord économique israélo-palestinien appelé “Accord de Paris” (1994).

Aujourd’hui le refus exprimé par Mahmoud Abbas du projet de paix israélo-palestinien appelé “l’Accord du siècle” le fait passer pour un radical. Il a, en effet, déclaré qu’il s’opposerait à tout compromis ne prévoyant pas la fin de l’occupation israélienne et la création d’un Etat palestinien souverain.

Elaboré par l’administration Trump, le projet d’“Accord du siècle”est très pro-israélien : il ne comporte pas, par exemple, d’obligation pour Israël d’évacuer les colonies qu’il a construites et continue de construire en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupé.