MAGHREB
19/05/2014 12h:32 CET

Libye: Suite à l'attaque du parlement à Tripoli, le pays se dirigerait vers une guerre civile

AFP

La Libye s'enfonce davantage dans l'anarchie après l'attaque du Parlement à Tripoli par un groupe armé et l'offensive lancée par le chef d'une force para-militaire contre les groupes radicaux dans l'Est.

Ces violences risquent de plonger le pays dans la guerre civile et raviver les rivalités entre des dizaines de milices qui obéissent à leurs propres intérêts, qu'ils soient d'ordre idéologique, régional ou tribal.

Vendredi, l'un de ses généraux à la retraite Khalifa Haftar a lancé à Benghazi (est) une opération baptisée "Dignité" contre des groupes islamistes lourdement armés ayant fait de cette ville leur fief: bilan, 79 morts et 141 blessés.

Plusieurs officiers de la région orientale, y compris des forces aériennes, ont rejoint M. Haftar, en menant des raids aériens contre les bases de ces groupes radicaux.

Suite à l'attaque dimanche du Congrès Général Nation (Parlement), le gouvernement à montré une impuissance total face à ces actes. Il s'est contenté de condamner une "tentative de coup d'Etat" conduite par Haftar, et a dénoncé le recours par les milices de Zentanis "aux armes pour exprimer des opinions politiques".

Il a appelé au dialogue national, dans un communiqué lu par le ministre de la Justice Salah Al-Marghani.

Après l'attaque éclair contre les locaux du CGN, les Zentanis se sont retirés vers leur fief sur la route de l'aéroport où des combats les ont opposés à des milices islamistes.

Les affrontements ont fait deux morts et 55 blessés, selon un bilan officiel.

Nous lançons l'opération "Liberté"

Face au chaos sécuritaire, l'Arabie saoudite a annoncé la fermeture de son ambassade à Tripoli et l'évacuation de l'ensemble de son personnel diplomatique, tandis que les compagnies aériennes tunisienne Tunisair et Syphax Airlines ont annoncé l’annulation de l’ensemble de leurs vols vers et depuis la Libye.

L'attaque contre le CGN a été revendiquée aussi bien par des officiers au sein de la force de Haftar que par les Zentanis.

"Si à l'est, ils ont commencé l'opération 'Dignité', nous lançons l'opération "Liberté", a déclaré dimanche à la télévision Abdallah Naker, un ex-commandant rebelle de Zenten à la tête d'une formation politique.

Depuis la fin de la révolte en octobre 2011, des rivalités opposent les Zentanis à M. Haftar, "mais une alliance contre les islamistes est probable", estime un officier de l'armée régulière.

Pour des observateurs, ces opérations à Benghazi et Tripoli sont un "test" pour évaluer la réaction de la communauté internationale ainsi que le soutien de la population et d'autres milices et militaires au plan national.

M. Haftar, qui a retiré ses troupes de Benghazi pour "réorganiser ses unités", martèle qu'il ne souhaite en rien conquérir le pouvoir mais ne fait que répondre "à la demande de la population" et combattre le terrorisme.

Pour aggraver davantage la situation, le pays, qui dépend exclusivement de ses revenus d'hydrocarbures, a vu sa production chuter considérablement en raison du blocage par des rebelles autonomistes des ports pétroliers de l'Est.

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