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28/03/2015 13h:39 CET | Actualisé 28/05/2015 06h:12 CET

Lutte contre l'extrémisme: Le Maroc prend les devants

ÉDITO - Alors que le cancer Etat islamique (EI) métastase un peu partout en Afrique du nord et de l'ouest, le Maroc prend sa pleine place dans la lutte contre le terrorisme. Confrontées au risque jihadiste - le royaume a été menacé directement par les épigones de l'EI - les services de sécurité marocains ont récemment démantelé des cellules qui projetaient des attentats meurtriers et, depuis fin 2014, les forces armées royales air participent aux frappes contre l'EI.

MAP

ÉDITO - Alors que le cancer Etat islamique (EI) métastase un peu partout en Afrique du nord et de l'ouest, le Maroc prend sa pleine place dans la lutte contre le terrorisme. Confrontées au risque jihadiste - le royaume a été menacé directement par les épigones de l'EI - les services de sécurité marocains ont récemment démantelé des cellules qui projetaient des attentats meurtriers et, depuis fin 2014, les forces armées royales air participent aux frappes contre l'EI.

Conscient que ce combat ne peut être mené seulement par l'épée, Rabat propose une expérience originale de gestion du champ religieux qui peut servir de modèle pour de nombreux pays.

Descendant du prophète Mohamed, le roi dispose à côté de son pouvoir temporel d'un pouvoir spirituel reconnu, lequel emporte des responsabilités en tant que Commandeur des croyants, un titre qui lui est reconnu au-delà du royaume, et surtout au sud du Sahara. Au moment où Abou Bakr al-Baghdadi, l'émir de l'organisation Etat islamique (EI) s'autoproclame "Amir al-Mouminine", quel autre chef d'Etat dispose d'une telle légitimité?

En Afrique de l'ouest, Mohammed VI jouit de la considération et du respect de nombreuses populations musulmanes, qui partagent avec le Maroc le rite malékite, le maillage dense de confréries comme la Kadiriya ou la Tijania, dont la tombe du fondateur est à Fès, véritable pôle de savoir religieux pour de nombreux érudits du continent.

Vendredi 27 mars à Rabat, le roi a inauguré l'Institut Mohammed VI de formation des imams, qui a accueilli depuis quelques mois déjà les premières cohortes d'imams maliens venus se former aux fonctions du prêche et de la guidance spirituelle des fidèles, afin de mieux contrer les discours de haine prônés par Al-Qaïda et les autres groupes djihadistes implantés dans la région depuis des années, et pour la plupart issus du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien.

L'intégrisme, et son corollaire le terrorisme, poussent là où le vide a été laissé par les autorités traditionnelles du savoir religieux au Moyen-orient, notamment Al-Azhar, en Egypte, affaibli par la vague révolutionnaire de 2011 et par les tensions ravivées par l'éphémère pouvoir du président Mohamed Morsi. La Syrie, longtemps un centre d'attraction pour les études théologiques, est aujourd'hui déchirée par une guerre civile dont on ne voit pas l'issue. Pire, elle est malheureusement devenue une université à ciel ouvert pour jihadistes en herbe.

Le Maroc fait le pari qu'on ne peut laisser prospérer cet islam radical, que nourrissent le sentiment d'exclusion et les inégalités socio-économiques. Pays musulman, arabe et africain, il est particulièrement sensible à la dissémination des discours extrémistes dans la zone sahélo-saharienne, l'une des plus pauvres du monde.

C'est pourquoi le Maroc inclut dans sa diplomatie vis-à-vis des pays musulmans frères d'Afrique de l'ouest un volet spécifiquement religieux: formation d'imams, conseil en gestion des waqf (biens de mainmorte), construction de mosquées, ce qui offre une panoplie d'outils pour encourager et accompagner les ambassadeurs d'un islam ouvert et tolérant.

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