MAROC
28/07/2019 12h:56 CET

Lutte antitabac: L'OMS appelle à renforcer l'aide au sevrage

" Il reste encore beaucoup à faire".

Rattankun Thongbun via Getty Images

SANTÉ - “De nombreux pays ne mettent pas encore en œuvre correctement certaines politiques susceptibles de sauver des vies, notamment en matière de sevrage tabagique”. C’est le constat que fait l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la lutte contre le tabagisme dans le monde. 

Relayant son dernier rapport sur “l’épidémie mondiale de tabagisme”, cette organisation indique, dans un communiqué de presse publié le 26 juillet, que “2,4 milliards de personnes habitent dans un pays qui offre aujourd’hui des services complets d’aide au sevrage tabagique (deux milliards de plus qu’en 2007)”. L’OMS regrette que “23 pays seulement proposent des services conformes aux meilleures pratiques”, estimant que son “programme de politiques pour inverser le cours de l’épidémie de tabagisme (MPOWER) n’est pas bien mis en œuvre, “compte tenu du nombre de pays qui proposent une couverture complète”.

Pour le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, “les gouvernements devraient proposer des services d’aide au sevrage tabagique dans le cadre des efforts déployés pour garantir une couverture sanitaire universelle à leurs citoyens”. Parmi ces services, l’organisation propose notamment des “aides téléphoniques nationales gratuites” et d’autres par le biais de technologies mobiles” afin “d’atteindre une population plus large grâce aux téléphones portables”, recommande l’OMS. Et d’ajouter que ces aides peuvent se traduire par “des conseils donnés par les prestataires de soins de santé primaires et les traitements de substitution à la nicotine gratuits”.

L’ambassadeur mondial de l’OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles et les traumatismes et fondateur de Bloomberg Philanthropies, Michael R. Bloomberg, relayé dans ce communiqué, fait ressortir du rapport de l’OMS que “les efforts menés par les gouvernements pour aider les gens à renoncer au tabac sont efficaces s’ils sont correctement mis en œuvre”. Pour cet ambassadeur, “les pays sont de plus en plus nombreux à faire de la lutte antitabac une priorité et à sauver des vies, mais il reste encore beaucoup à faire”.

“116 pays offrent, dans quelques-uns ou dans la plupart des établissements de santé, des services gratuits ou dont le coût est partiellement pris en charge et 32 proposent des services sans en prendre en charge le coût, ce qui montre que l’aide au sevrage est très demandée par le grand public”, constate l’OMS. Et de souligner que “la consommation de tabac a également baissé proportionnellement dans la plupart des pays mais, en raison de la croissance démographique, le nombre total de personnes consommant du tabac est resté constamment élevé”.

Actuellement, selon cette organisation mondiale, il y a 1,1 milliard de fumeurs, dont 80% environ habitent dans un pays à revenu faible ou intermédiaire. Au Maroc, plus de 170.644 Marocains sont décédés à cause du tabac, d’après la sixième édition du rapport The Tobacco Atlas. Ce dernier, publié en mars 2017, indique que plus de 45% des hommes marocains (plus de 15 ans) fument chaque jour, ce qui dépasse largement la moyenne des pays au même Indice de Développement Humain (IDH), mesure utilisée par les chercheurs du rapport pour classer les pays.

Pour les femmes, 1,5% d’entre elles seraient fumeuses quotidiennes au Maroc. Près de 64 Marocaines meurent, néanmoins, chaque semaine à cause du tabac. Dans plusieurs autres pays tels que la France, l’Espagne, l’Italie, la Russie ou encore les États-Unis, une nette augmentation du tabagisme a, d’ailleurs, été enregistrée chez les jeunes, et en particulier chez les femmes.