MAROC
28/12/2018 14h:35 CET

L'UMT annonce 10 jours de protestation en janvier, le gouvernement se dit prêt au dialogue

Au programme, marches, sit-in et grèves régionales et sectorielles.

UMT/Facebook

DIALOGUE SOCIAL - Ils se rejettent la balle. Le conseil national de la centrale syndicale de l’Union marocaine du travail (UMT) promet de revenir à la charge dès le mois de janvier qu’elle décrète “mois de grève et de dénonciation”. C’est ce que le conseil national de l’UMT a annoncé officiellement dans un communiqué, publié à l’issue de sa réunion tenue hier, précisant qu’il continuera de boycotter les prochaines séances du dialogue social. Et il n’est pas prêt de changer d’avis tant que “l’offre du gouvernement n’est pas à la hauteur des ambitions et attentes de l’ensemble des salariés”, prévient-il. 

Le syndicat de Miloudi Moukharik met aussi en garde le gouvernement “contre l’impact que pourrait avoir un état de crise” s’il ne présente pas “de nouvelles offres”. Il estime que, pour le moment, “le gouvernement persiste à interagir négativement avec les revendications de la classe ouvrière et l’ensemble des  salariés”. Et de souligner qu’il ne reviendra pas sur ses revendications auprès du gouvernement d’augmenter les salaires dans le privé et le public, ainsi que le SMIG et de baisser les taxes. “Le gouvernement doit aussi traiter les revendications des catégories professionnelles relatives à leur statut au sein de la fonction publique, d’institutions publiques et des collectivités territoriales”, insiste l’UMT.      

Pour se faire entendre, l’UMT a décidé d’entreprendre des démarches de protestation pendant 10 jours, du 10 au 20 janvier prochain. “Marches, sit-in, grèves régionales et sectorielles”, menace-t-elle, arguant que cette décision vise à dénoncer “les violations des libertés syndicales et le refus de donner suite aux revendications de la classe ouvrière”. 

De son côté, le gouvernement défend son offre. Hier, au point de presse hebdomadaire qui se tient suite au conseil de gouvernement, le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi, a estimé que le gouvernement a consenti de nombreux efforts dans ce sens.

Précisant qu’il ne s’agit pas “de traiter toutes les questions sociales”, El Khalfi a affirmé que le gouvernement a, cependant, pris des mesures sociales ayant permis, entre autres, de “réussir à sauver la caisse marocaine des retraites” menacée de faillite, ce qui aurait pu geler le versement des pensions. Un sauvetage réussi par la voie de l’augmentation des prélèvements sur salaires. “Nous avons proposé d’ajouter un point à partir de 2019, ce qui porterait le total du prélèvement à 14%”, indique El Khalfi, ajoutant que “c’est l’Etat qui prendra à sa charge ce point mais les syndicats refusent toujours le dialogue social”.

Sur la liste de l’offre du gouvernement, le ministre a rappelé, également, que celle-ci a porté sur l’augmentation des salaires de 400 dirhams et les allocations familiales de 100 dirhams. Et d’ajouter que le précédent gouvernement, le SMIG avait été augmenté en 2014 à 10% échelonné sur deux années (2014 et 2015).

“Nous regrettons que les syndicats aient décidé de boycotter le dialogue social”, affirme le porte-parole du gouvernement qui ne perd pas “espoir” que ce dernier finira par reprendre. “En tout cas, nous y tenons!”.