TUNISIE
17/12/2018 15h:01 CET

L'UGTT et l'UTICA sur la même longueur d'onde: "Les objectifs économiques de la révolution n'ont pas été atteints"

Souvent en désaccord, l'UGTT et l'UTICA partagent le même constat.

Facebook/Presidence du gouvernement tunisien

Souvent en désaccord, la centrale syndicale et la centrale patronale sont au moins d’accord sur le constat: Les objectifs de la révolution n’ont pas été atteints par la Tunisie.

S’exprimant depuis Sidi Bouzid, le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Taboubi“ a lancé un message d’avertissement, lundi: “La grève du 17 janvier prochain sera bien différente de celle du 22 novembre 2018”.

Dans une déclaration accordée aux médias à l’occasion de la commémoration du huitième anniversaire de la révolution, Taboubi a affirmé que la centrale syndicale est en train de serrer les rangs pour mener et encadrer ses mouvements de protestation pour le jour J.

Selon lui, l’UGTT refuse toute manifestation anarchique en rappelant que la situation sociale du pays est sévèrement critique. Il a révélé une tension de plus en plus palpable, accentuée par les frustrations. 

Taboubi a d’ailleurs pointé du doigt la coalition au pouvoir d’être derrière cette sorte d’impasse sociale et économique en appelant toutes les parties à faire preuve de responsabilité.

“Il n’y a plus d’issue”, martèle-t-il en soulignant la nécessité de trouver des solutions radicales et d’accorder aux agents de la fonction publique une augmentation respectable. “Les agents de la fonction publique n’acceptent plus les miettes dont on parle dans les coulisses”, a-t-il lancé. 

Pour Taboubi, les salaires des agents de la fonction publique sont dérisoires et ne permettent pas de faire face à la flambée des prix. “Il est primordial d’augmenter les salaires des fonctionnaires publics, fortement diabolisés, ces derniers temps” a-t-il noté. 

“Il faut faire une pression positive sur les autorités pour qu’elles réagissent fermement contre la contrebande et l’évasion fiscale afin de créer des ressources et des projets loin des discours fanfarons et l’échange inutile d’ accusations” a-t-il poursuivi.

Selon le secrétaire général de l’UGTT, la Tunisie ne doit pas rater sa révolution. Il a assuré que la centrale syndicale est encore attachée aux principes et revendications du printemps arabe, malgré les tentatives de brouille.

Un avis qui a été également partagé par le président de l’Union tunisienne de l’industrie, de l’artisanat et du commerce, Samir Majoul. “Les objectifs économiques de la révolution n’ont pas encore été atteints” regrette-t-il en estimant que le pays a besoin de plus de moyens pour booster les investissements notamment dans les régions intérieures.

D’après lui, pour améliorer la situation des régions précaires tel que de Sidi Bouzid et Kasserine, un modèle de développement spécifique s’impose. Ce dernier permettra de transformer ces gouvernorats en zones franches économiques en y déployant les moyens financiers et logistiques nécessaires.

Samir Majoul a affirmé également que Sidi Bouzid pourrait devenir le grenier à blé de la Tunisie si l’État parvient à mettre en place un plan d’investissement qui corresponde aux spécificités et aux moyens de cette région.

Majoul a, d’autre part, mis l’accent sur la nécessité d’instaurer une stabilité politique et économique pour faire avancer les choses et améliorer la situation générale du pays. 

 

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