22/10/2018 12h:50 CET | Actualisé 22/10/2018 12h:50 CET

L'UE déboursera 140 millions d'euros pour aider le Maroc à gérer l'immigration clandestine

L'UE semble avoir entendu les appels du pied répétés de l'Espagne et du Maroc.

Youssef Boudlal / Reuters

INTERNATIONAL - La Commission européenne prévoit un financement de 140 millions d’euros, dont 70 millions directement accordés au gouvernement marocain, pour aider le Maroc à lutter contre l’immigration clandestine, selon El País.

Cette aide, dont les premières tranches devraient être livrées avant 2019, sera principalement utilisée pour l’achat d’équipements pour contrôler les frontières, précise le quotidien espagnol, soulignant que cette aide reste “modeste” par rapport à celle destinée aux autres pays d’où partent des flux migratoires vers les côtes méditerranéennes de l’Europe.

Ce financement intervient suite aux appels du pied répétés de l’Espagne et du Maroc pour que l’UE accorde des aides financières supplémentaires à ce dernier, par où passent la majorité des migrants clandestins souhaitant rejoindre l’Europe. “L’objectif est de faire face à l’afflux croissant de migrants vers l’Espagne, pays qui compte le plus grand nombre d’entrées irrégulières en Europe par la mer Méditerranée”, note El País. 

Les 70 millions d’euros directement injectés dans le budget marocain proviendront du fonds fiduciaire que l’UE alloue pour contenir les flux migratoires et qui a été reversé, en trois ans d’existence, en grande partie à la Libye - 237 millions d’euros contre 17 millions destinés au Maroc.

Le reste de l’enveloppe financière sera géré par deux entités: 40 millions par la Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration et les politiques publiques, et 30 millions par le Centre international pour le développement des politiques en matière de migration (ICMPD), détaille le journal ibérique.

“Contrairement aux 70 millions que le gouvernement marocain recevra directement, sans programmes ni conditions, ces deux sommes pourraient prendre plus de temps à être mises en place car il ne s’agira pas de transfert direct mais elles seront liées à des projets spécifiques”, souligne la même source.

Toujours selon El País, Bruxelles aurait élaboré un plan d’accompagnement prévoyant un soutien financier à long terme. “Des sources européennes estiment que ces décaissements pourraient s’élever à environ 50 millions d’euros annuellement. Cela dépendra, en définitive, de l’évolution du phénomène migratoire”, souligne le quotidien.

L’accord, qui aurait été finalisé jeudi dernier à Rabat lors du passage d’une délégation de l’UE dans la capitale, n’a pas encore fait l’objet d’une annonce officielle ou d’une réaction du côté marocain.