TUNISIE
08/07/2019 13h:42 CET | Actualisé 08/07/2019 14h:42 CET

Lotfi Zitoun n'est plus le conseiller politique de Rached Ghannouchi

Une annonce qui amène plusieurs interrogations...

AFP via Getty Images

Le dirigeant d’Ennahdha Lotfi Zitoun a annoncé, lundi, avoir présenté sa démission du poste de conseiller politique du président du parti, Rached Ghannouchi.

Dans une publication publiée sur sa page Facebook, Lotfi Zitoun ne donne pas les raisons d’une telle démission.

Se présentant comme une “voix moderniste” du parti, ce départ a été perçu par de nombreux observateurs de la vie politique comme une entrée dans la course à la présidentielle. Pour d’autres, au contraire, cela démontre que via cette démission, l’ancien conseiller politique de Ghannouchi, ne souhaite pas être pris dans une campagne électorale au profit du président du parti.

 

Le 05 juillet dernier, le désormais ex-conseiller de Rached Ghannouchi avait publié sur sa page Facebook, un message qui aujourd’hui prend du sens: “Il y a des fonctions sans poste et des postes sans fonction, de même il y a des fonctions sans gloire et des gloires sans fonction” avait-il affirmé.

 

 

Lors d’une interview accordée au HuffPost Tunisie, Lotfi Zitoun s’est dit être le porte voix des Tunisiens à l’intérieur du parti, qui selon lui, “porte une grande responsabilité vis-à-vis du peuple”.

Partisan d’un changement au sein d’Ennahdha, il avait affirmé qu’il “faut que le parti soit à la hauteur. Nous savons tous qu’Ennahdha avait commencé en tant que mouvement religieux, qui a ensuite adopté l’islam politique, chose qui a changé depuis le dixième congrès du parti”.

“C’est pourquoi j’essaye de bousculer un peu les choses en cette année électorale, pour que la transition démocratique aboutisse. Sinon, il n’y aura pas de transition démocratique” avait-il décrit.

Il dit se donner pour mission de libérer l’islam des conflits politiques, et convaincre les électeurs qu’Ennahdha est désormais devenu un parti civil, loin de l’islam qui ne doit plus guider sa politique.

Il avait ajouté que certains à l’intérieur du parti ne saisissaient pas vraiment sa démarche, et disait-il, ont toujours une nostalgie pour le passé.

“Certains refusent le changement, estimant qu’il n’a pas lieu d’être puisque le parti demeure en tête des sondages. Cette façon de voir les choses était vraie au début, mais les gens commencent à comprendre maintenant, et exigent un vrai programme politique et socio-économique” avait-il ajouté avant de poursuivre: “Certains pensent que nous réduisons la valeur de l’Islam en nous déclarant parti civil. Bien au contraire, nous le libérons des conflits politiques et lui rendons sa grandeur”.

Partisan de la légalisation du cannabis, opposé au test anal, et se présentant comme défenseur des libertés individuelles, il avait cependant refusé de déclarer son intention ou non de se porter candidat à la prochaine présidentielle.

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