TUNISIE
12/02/2019 15h:50 CET

Lotfi Zitoun: "Ennahdha devrait définitivement comprendre que l’Islam appartient à tous les Tunisiens"

Selon lui, Ennahdha devrait libérer l'Islam des conflits partisans.

AFP via Getty Images

Le dirigeant au sein d’Ennahdha, Lotfi Zitoun, se trouve visiblement à contre-courant du reste du mouvement. Connu pour ses positions “progressistes” par rapport à certains membres du parti, ce dernier avoue, dans une interview accordée au journal “Al Charaâ Al Magharibi”, n’être plus convaincu par le concept d’Islam Politique.

Zitoun a mis en avant l’impérieux impératif d’ouvrir une nouvelle page en procédant à de profondes réformes au niveau du mouvement. Pour lui, Ennahdha devrait poursuivre sur sa lancée et se transformer en un parti civil qui se focalise principalement sur la mise en place de programmes politiques et la restauration de la confiance en l’Etat.  

D’après lui, le parti devrait se consacrer exclusivement à la politique et laisser de côté les activités de la société civile et des associations religieuses, culturelles et sociales.

“Il faut libérer l’Islam” martèle-t-il en poursuivant: “Libérer l’Islam des différends partisans et accepter une fois pour toute que l’Islam appartient à tous les Tunisiens (...) même ceux qui ne sont pas musulmans”.

Pour étayer ses propos, le dirigeant d’Ennahdha a estimé que les minorités religieuses en Tunisie ont “une culture islamique” puisqu’ils sont profondément intégrés dans une société musulmane.

D’après lui, il est important de cesser l’instrumentalisation de l’Islam dans la politique. “Même le terme Islam démocratique, ne me convainc pas” confie-t-il.

Selon lui, Ennahdha devrait se transformer en un parti conservateur, basé sur des programmes.

Revenant au sujet de l’alliance Nidaa-Ennahdha, Lotfi Zitoun estime que le consensus entre les “deux cheikhs” à savoir Rached Ghannouchi et Béji Caid Essebsi fait partie du passé. “C’est fini” dit-il en ajoutant qu’ il n’y pas de réelle intention de reproduire cette alliance.

Interrogé sur les élections de 2019, le dirigeant d’Ennahdha n’a pas caché sa crainte de voir reporter les élections. Selon lui, la confusion règne, menaçant la tenue des élections aux dates prévues.

D’après lui, en absence d’une Cour constitutionnelle et sur fond d’instabilité politique, les élections pourraient être retardées.

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