TUNISIE
19/02/2019 16h:07 CET | Actualisé 19/02/2019 16h:08 CET

Le dirigeant d'Ennahdha Lotfi Zitoun défend les libertés sexuelles et affirme son opposition au test anal

La place de l'islam, les libertés individuelles, etc, Lotfi Zitoun clarifie.

Facebook/Lotfi Zitoun

Dirigeant au sein du mouvement Ennahdha et proche conseiller de Rached Ghannouchi, Lotfi Zitoun se démarque de plus en plus des dogmes de son parti.

Dans une interview accordée au journal “Acharaa al magharibi”, il affirme son souhait de voir Ennahdha se transformer en un parti “complètement civil” , “en accord avec l’Etat”, en soulignant la nécessité d’”éloigner l’islam des affrontements politiques”. 

Pour le dirigeant d’Ennahdha, la problématique de la séparation entre islam et politique se pose toujours dans le parti. Il évoque ainsi les désaccords lors du dernier congrès d’Ennahdha sur la place de la religion dans l’action du parti entre ceux qui se basent toujours sur l’islam politique et la religion comme référence suprême et ceux qui se référent à la place de la religion telle que déterminée dans la Constitution. 

Entre les uns et les autres, il y a un point commun, en l’occurrence la place de l’islam comme étant une référence et un élément structurant le programme du parti, a expliqué Zitoun. 

Tout en plaidant une “nouvelle renaissance” du parti, il dit espérer une rupture dans la continuité. 

Les libertés individuelles

Le dirigeant d’Ennahdha affirme, dans cette interview, son attachement aux libertés individuelles partant de la conviction que “la liberté n’est pas sélective”. Dans ce cadre, il dit défendre les libertés sexuelles “si elles ne portent pas atteinte aux libertés d’autrui”, précise-t-il.

“Tu es libre dans ton espace intime car il est sacré. C’est ainsi que le pays deviendra civilisé”, a-t-il lancé. 

Lotfi Zitoun a ajouté que le test anal -un examen pratiqué pour “vérifier” l’homosexualité d’une personne- viole les droits humains et la dignité des personnes. “Cet examen remonte au 19ème siècle. L’exception tunisienne ne devrait pas être seulement politique. L’exception s’opère quand la Tunisie deviendra un pays où il fait bon vivre, c’est-à-dire que l’espace privé est préservé de toute intrusion”, a-t-il expliqué. 

Sa relation avec Rached Ghannouchi

Zitoun réclame la réforme des institutions d’Ennahdha pour que les bases puissent choisir leurs dirigeants, chose actuellement faite par l’élite du parti, dénonce-t-il.

Dans ce cadre, il a appelé tous les membres du parti à exercer leurs droits électoraux à tous les niveaux, affirmant son rejet d’un parti “fermé régit par un mandat absolu”. “La démocratie centralisée est terminée”, a-t-il lancé. 

Concernant la candidature de Rached Ghannouchi pour les prochaines élections présidentielles, il a affirmé que la décision finale n’a pas encore été prise au sein du parti.  

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