ALGÉRIE
20/03/2019 17h:58 CET | Actualisé 20/03/2019 18h:01 CET

Lors d'une réunion houleuse avec les Mouhafeds, Bouchareb : "le FLN n’a jamais été contre le peuple"

France 24

“C’était une ambiance électrique”, s’est ainsi qu’un membre de la direction du FLN a décrit l’atmosphère qui a prévalu durant la rencontre qui a regroupé à l’hôtel Mouflon d’Or à Alger les mouhafedhs au coordinateur de l’instance exécutive, Mouaad Bouchareb. Sur place des rumeurs les plus folles circulaient sur la présence de baltaguias, chargés de frapper les opposants à M. Bouchareb à la fin de la rencontre. 

La réunion s’est ouverte dans ce contexte très particulier, qui a débuté par un psychodrame comme seule la première formation politique du pays a l’habitude de connaître dans ce genre de circonstance. Abdelkader Gaci, Mouhafedh de Lakhdaria et Nacer Bettache, Mouhafedh de Ain Oulmène, la ville dont le patron du FLN est député, se sont vus refusés l’accès et provoqué un esclandre dans l’hôtel devant les nombreuses caméras de télévisions venues couvrir la rencontre. Face au scandale, la direction du parti reculait et décidait de leur remettre des badges. “On a décidé de venir à cette rencontre pour parler et dénoncer ce qui se passe au parti. Il faut réagir à ce que nous vivons depuis le 22 Février”, explique un Mouhafedh sous couvert de l’anonymat.

Le clan de Mouaad Bouchareb avait pris soin de déminer la rencontre en écourtant la réunion sous prétexte d’une rencontre à l’APN entre le patron du parti et ses députés. “Le clan Bouchareb a bien manœuvré lors de la réunion. Il a favorisé les interventions de parties qui lui sont favorables et restreint la parole aux autres”, dénonce-t-on parmi les participants à la rencontre. “Il se fout de tout. Il ne pense qu’à sauver sa tête. Alors que des dizaines de millions d’algériens sont dans la rue chaque vendredi, le coordinateur était focalisé sur la tenue d’un congrès extraordinaire pour ne pas aborder les questions de fond”, accuse un mouhafedh. “On lui a répété que l’Etat et le peuple, viennent avant le FLN et par conséquent il était urgent de trouver des solutions”.

Lors de son intervention, le chef du parti a tenté de dédouaner le FLN de la crise qui secoue le pays, en affirmant que “le gouvernement n’était pas entre les mains de son parti”. “Le gouvernement n’était pas entre les mains du Front de libération nationale”, a affirmé M Bouchareb.

À la fin de la rencontre il a assuré que “le FLN n’a jamais été contre le peuple” et que “le peuple n’a jamais dit FLN dégage”. Fragilisé et contesté en interne, Mouaad Bouchareb est plombé par ses propos tenus au lendemain de la manifestation du 22 février à Oran. “Certains politiques et quelques pseudos politiques commencent à rêver. Je leur dis : faites de beaux rêves et bon sommeil. Je leur dis aussi, les enfants rêvent toujours, alors profitez de vos rêves”, avait-il déclaré avant d’oser comparer le président à un prophète. “Dieu a envoyé Bouteflika en 1999 pour réformer la Nation algérienne et lui rendre la place qui est la sienne”, avait-il affirmé. Aujourd’hui, seul un signe du destin peut sauver le soldat Bouchareb.