MAROC
05/07/2019 15h:46 CET

L'Ordre national des vétérinaires inquiet de l'état sanitaire des abattoirs

La majorité des abattoirs du royaume sont non conformes à la réglementation.

Frédéric Soltan via Getty Images

SOCIÉTÉ - L’Ordre national des vétérinaires (ONV) a exprimé, jeudi 4 juillet dans un communiqué, son inquiétude par rapport à l’état sanitaire de la majorité des abattoirs du royaume. À l’exception de huit abattoirs de viandes rouges agréés, “la majorité des autres abattoirs ne disposent pas du minima requis en matières d’infrastructures, d’équipements, d’hygiène et de fonctionnement”, affirme l’ONV. “Par conséquent, ces structures ne permettent pas aux vétérinaires d’effectuer l’inspection sanitaire des viandes rouges conformément à la réglementation en vigueur”.

La règlementation porte notamment sur le caractère obligatoire de l’inspection des animaux vivants, des viandes, des denrées animales et d’origine animale destinés à la consommation publique, l’examen des animaux avant et après leur abattage et la nécessité, pour les abattoirs, d’être autorisés ou agréés sur le plan sanitaire.

Pour l’ONV, “les conditions sanitaires et hygiéniques actuelles dans la majorité des tueries et abattoirs de viandes rouges ne permettent pas aux vétérinaires chargés de l’inspection relevant du secteur public ou du secteur privé d’exercer leur travail dans le respect des règles de la déontologie et en conformité avec les textes réglementaires en vigueur”.

Cette annonce fait suite à la publication, fin juin, d’un communiqué par les associations de protection des consommateurs dans lequel elles exprimaient leur inquiétude et tiraient la sonnette d’alarme. “Nous avons suivi avec grand intérêt l’état dans lequel se trouvent plusieurs abattoirs publics (municipaux et communaux) ne disposant même pas de conditions minimums de sécurité sanitaire”, écrivaient-elles, précisant que leur constat ne concerne pas seulement “l’infrastructure, mais aussi le traitement des animaux avant, pendant et après l’abattage. Ce qui représente un réel danger pour la santé du consommateur qui paie la facture des négligences dans le traitement des maladies qui en résultent”.

“A l’entrée en vigueur de la loi 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) avait donné un délai de 6 mois prorogé de 3 mois aux communes rurales pour réhabiliter leurs abattoirs avec le minimum requis, et leur avait donné, pour cela, des plans à suivre. Mais peu s’y sont soumises”, expliquait au HuffPost Maroc le SG de la Fédération nationale des associations des consommateurs au Maroc (FNAC), Ouadi Madih.

Il y a deux ans, la cour des comptes avait publié un rapport choc suite à son enquête menée dans plus de 70 abattoirs entre 2007 et 2015. Elle y avait constaté de nombreux dysfonctionnements liés au respect des règles d’hygiène, de traçabilité, de transport ou encore aux structures et à l’emplacement inadéquat de l’abattoir.