ALGÉRIE
23/05/2018 13h:42 CET

L'ONU demande à l'Algérie d'arrêter l'expulsion des migrants subsahariens

Le chef des droits de l'homme des Nations Unies a appelé l'Algérie à cesser l'expulsions des migrants subsahariens.

Ramzi Boudina / Reuters
De jeunes migrants subsahariens travaillent dans un chantier à Alger, le 29 juin 2017.

L’ONU a sévèrement épinglé l’Algérie mardi 23 mai sur la question des migrants, appelant le pays à cesser les expulsions “arbitraires” des ressortissants subsahariens en soulignant qu’elles sont contraires aux conventions internationales signées par l’Algérie.

“Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a appelé, ce mardi à Genève, l’Algérie à cesser les expulsions collectives de migrants, notamment originaires d’Afrique subsaharienne”, a rapporté l’organe de communication de l’ONU.

L’Algérie a expulsé des milliers de migrants subsahariens depuis septembre dernier, dans des opérations qualifiées d’“arbitraires” et de “forcées” par des ONG qui ont dénoncé les “expulsions massives de migrants”.

 

“Alors que les chiffres exacts sont difficiles à obtenir, le nombre de personnes expulsées est estimé à plusieurs milliers”, a indiqué Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat lors d’un point de presse aujourd’hui à Genève.

Selon le Haut-Commissariat, des experts envoyés sur le terrain, à Agadez, Niamey et Arlit au Niger, ont interrogé 25 migrants expulsés de l’Algérie ces derniers mois. 

“Inhumaines et dégradantes”

“Il ressort de ces témoignages que les autorités algériennes organisent fréquemment des rafles massives de migrants subsahariens dans diverses localités du pays”, a-t-on ajouté.

Lire aussi: Des dizaines de migrants de différentes nationalités arrêtés à Alger

Beaucoup de ces migrants sont ensuite détenus dans des conditions “inhumaines et dégradantes”, selon le bureau des droits de l’homme de l’ONU.

Ce qui est “particulièrement inquiétant” reste le fait que la plupart des migrants interrogés n’ont pas été soumises ”à des évaluations individualisées et qu’elles n’étaient pas informées des raisons de leur détention ou si elles avaient le droit de prendre leurs biens, passeports ou argent avant qu’ils ne soient détenus”, selon la porte-parole du Haut-Commissariat.

L’expulsion collective des migrants sans aucune procédure légale ou appréciation individuelle est “profondément alarmante”. Elle est “contraire aux obligations de l’Algérie en vertu du droit international des droits de l’homme, notamment la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants que l’Algérie a ratifiée”, ajoute-t-on.

L’Algérie a déjà été critiquée sévèrement par des ONGs après avoir expulsé des dizaines de milliers de migrants subsahariens ces derniers mois. Dans son rapport annuel pour 2017, Amnesty International a qualifié ces campagnes de “arbitraires” et “forcées”.

Lire aussi: Amnesty International accuse l’Algérie de bafouer les droits des migrants subsahariens

 

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