MAROC
20/02/2019 15h:06 CET

L'ONU condamne l'Espagne pour avoir renvoyé "à chaud" un mineur migrant au Maroc

L’Espagne n’a pas “tenu compte de l’intérêt supérieur de l’enfant”.

Jesus Blasco De Avellaneda / Reuters
La frontière de Melilla, entre l'enclave espagnole et le Maroc.

DROITS - Le Comité des droits de l’enfant de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a condamné l’Espagne pour le renvoi ”à chaud” de mineurs isolés. Il s’appuie sur le cas d’un mineur malien qui avait traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla. Le Comité a été alerté par la Fondation Raíces et le Centre européen des droits constitutionnels et des droits de l’homme (ECCHR).

Les faits remontent à 2014. Le jeune malien franchit la frontière entre le Maroc et Melilla et arrive à pénétrer sur le territoire espagnol. Sur place, il se fait arrêter par la Guardia Civil qui, après l’avoir menotté, le remet directement aux autorités marocaines. Il n’a pas le temps de demander la protection offerte aux mineurs non accompagnés, ni de bénéficier d’un interprète ou de garanties juridiques. 

Après une première réunion, les Nations Unies ont jugé que la décision espagnole concernant ce mineur non accompagné violait “plusieurs des droits énoncés dans la Convention relative aux droits de l’enfant”, rapporte El Faro de MelillaPlus précisément, l’instance onusienne estime que les autorités espagnoles n’ont pas identifié l’enfant et qu’il ne s’est pas vu offrir de protection et d’assistance spéciale en sa qualité d’enfant non accompagné (article 20 de la Convention relative aux droits de l’enfant), ajoute le média local. Pour le Comité, l’Espagne n’a pas “tenu compte de l’intérêt supérieur de l’enfant”. 

A la suite de cette condamnation, Save the Children et la Fondation Raíces ont interpellé le gouvernement espagnol. Les ONG lui demandent “d’appliquer dans les meilleurs délais les recommandations reçues en vue de modifier la loi sur la sécurité des citoyens et de revoir en profondeur les actions en cours à la frontière marocaine”. Elles demandent également une formation des agents transfrontaliers concernant les droits des mineurs. 

“Je me sens heureux et plus libre maintenant. Je voudrais que tout le monde sache cela et que ça ne se reproduise plus”, a déclaré le ressortissant malien après avoir appris la position du comité de l’ONU, indique l’Abogacía Española, société publique qui regroupe les associations professionnelles d’avocats en Espagne. Actuellement, le jeune homme travaille comme jardinier à Madrid.