ALGÉRIE
14/10/2019 09h:56 CET

Loi sur les hydrocarbures: Rahabi dénonce un remake de la loi Khelil confectionnée par un américain

Louafi Larbi / Reuters
A worker is seen at the Zarzaitine gas field in In Amenas, 1,600 km (994 miles) southeast of Algiers January 22, 2013. REUTERS/Louafi Larbi (ALGERIA - Tags: ENERGY)

L’ancien ministre de la communication, Abdelaziz Rahabi a dénoncé, dans un post publié dimanche 13 octobre sur sa page facebook, le projet de loi sur les hydrocarbures qu’il qualifie de remake de celui confectionné en 2002 par un expert américain à la demande Chakib Khelil. 

Sous le titre du “nouveau-ancien projet de la loi sur les hydrocarbures”, Rahabi rappelle que le premier texte portant révision de la loi sur les hydrocarbures est apparu en 2002 “sous la forme d’un projet conçu par un ancien expert américain à la banque mondiale, Robert W Pleasant et adopté par le parlement en 2005”.

 

 

Pour rappel, Robert W Pleasant, qui serait un ami personnel de Chakib Khelil, lui même passé par la Banque Mondiale, est un personnage aussi mystérieux que controversé qui a travaillé comme consultant pour Sonatrach et le ministère de l’énergie. Certaines sources affirment que “Bob Pleasant” aurait été rétribué la coquette somme de 2 millions de dollars pour la confection d’une loi qui rétablissait le régime des concessions et remettait en cause la règle du partage 51.49% instituée avec la nationalisation des hydrocarbures le 24 février .

 

L’actuel projet de loi était en préparation sous le précédent gouvernement d’Ouyahia qui avait mandaté en 2018, le cabinet d’avocats américain Curtis, Mallet-Prévost, Colt & Mosle LLP pour l’assister dans sa confection. L’ancien PDG de Sonatach,  Abdelmoumen Ould Kaddour, avait assuré que l’objectif de la nouvelle loi était d’attirer  des investissements indispensables sur les hydrocarbures.

 

Les ressources aux étrangers, les promesses aux Algériens

Rahabi souligne qu’il avait combattu en 2002,le projet de Chakib Khelil et qu’à cause de cela, il avait été “traité de tous les noms” et essuyé “l’accusation de porter atteinte aux intérêts supérieurs de l’Etat”. Cette loi avait été retirée “sous la pression des plus grands pays producteurs de pétrole (Arabie saoudite, Venezuela, Nigeria…) car elle  accordait des avantages exorbitants pouvant constituer un dangereux précédent dans les rapports avec les compagnies pétrolières mondiales”.

 Bouteflika, poursuit Rahabi, “ a utilisé les ressources minérales comme un moyen d’acheter le soutien et le silence étranger à chaque approche d’une échéance électorale… Il semble qu’il n’avait rien d’autre à donner que cela, les ressources aux étrangers et les promesses aux Algériens”. 

Rahabi trouve déraisonnable qu’un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes et qui est rejeté par au “plan populaire et politique puisse se prévaloir de l’assentiment de l’armée à la politique du gouvernement pour trancher sur des dossiers décisifs dans ce contexte critique”. Rahabi trouve incompréhensible l’attitude d’un pouvoir qui demande au peuple d’aller voter alors qu’il le traite en mineur pour les questions fondamentales. 

 

Pour Rahabi, les solutions résident dans une “politique énergétique qui veille à rationaliser la consommation, à encourager la transition vers d’autres sources d’énergie, l’investissement dans l’industrie de transformation du pétrole et du gaz, la diversification de l’économie et la création de nouvelles richesses pour sortir de la dépendance structurelle à l’égard des hydrocarbures et, enfin, lutter contre la bureaucratie et la corruption pour attirer l’investissement étranger… Et cela ne sera possible qu’avec le contrôle populaire sur les ressources nationales”.



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