MAROC
19/08/2019 13h:30 CET

L'Observatoire Euro-Med des droits de l'Homme soutient les étudiants en médecine

Et appelle le gouvernement à respecter leur droit à la liberté d'expression.

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DROITS DE L’HOMME - Il se dit “très inquiet” face aux “mesures arbitraires injustifiées des autorités”. L’Observatoire Euro-Méditerranéen pour les droits de l’Homme a publié, hier, un communiqué pour exprimer son soutien à la liberté d’expression que représente les protestations des étudiants en médecine au Maroc. A travers leur commission nationale, ces derniers, en grève depuis février, ont annoncé une marche nationale le 1er septembre à Rabat.

Rappelant que ces étudiants ont décidé d’observer leur grève et de boycotter les examen en contestation, entre autres, à “la privatisation des études en médecine”, l’ONG, basée à Genève, estime que “le gouvernement marocain se doit de respecter la liberté d’expression et faire en sorte de trouver des solutions sérieuses et raisonnables”. Car, pour l’observatoire, le gouvernement a violé les principes de la constitution marocaine garantissant “les libertés de réunion, de rassemblement, de manifestation pacifique (...)”. 

Dans son communiqué, cette ONG dénonce ainsi “les mesures punitives” à l’encontre des trois professeurs des facultés de médecine de Casablanca, Marrakech et Agadir, Saïd Amal, Ismail Ramouz et Ahmed Belhous, suspendus pour avoir “soutenu publiquement” les étudiants grévistes. “C’est une mesure vindicative contre la position prise par ces enseignants en annonçant leur solidarité avec les étudiants”, précise l’ONG. Et de fustiger également “les menaces de renvoi” à l’encontre de 18.000 étudiants grévistes s’ils ne mettent pas fin au boycott des examens. 

L’observatoire appelle, dans son communiqué, le gouvernement marocain à lever la suspension des trois professeurs “sans aucune condition ou engagement de leur part”. Il met en garde contre toute décision disciplinaire à l’encontre de ces enseignants et rappelle qu’ils n’ont fait q’“exercer leurs droits constitutionnels”. 

L’ONG adresse aussi un appel aux ministères de l’Intérieur, de l’Education nationale et de la Santé, leur demandant de ne prendre aucune mesure à l’encontre des étudiants grévistes “d’autant que cela risquerait de priver des milliers d’étudiants de poursuivre leurs études dans les facultés de médecine”. Elle demande aux destinataires de son appel, tout au contraire, de leur “garantir leur droit à la liberté d’expression sans poursuites ou blocages de leur parcours académique”.