MAROC
24/07/2018 15h:46 CET

Livrant son bilan et ses ambitions, Fouzi Lekjaa annonce la visite fin juillet au Maroc de Gianni Infantino

La candidature du Maroc pour le Mondial 2030 se prépare déjà.

AIC Press

FOOTBALL - Sous quelle forme le Maroc compte-t-il postuler pour l’organisation de la Coupe du monde 2030? Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, déclare qu’aucune décision n’a été prise pour l’instant. Invité du Forum de la MAP, ce mardi 24 juillet, le patron du football national précise que le Maroc n’a pas encore tranché sur l’éventualité de présenter une candidature conjointe avec des pays voisins du Maghreb, comme l’Algérie ou la Tunisie, ou avec ceux du vieux continent, comme l’Espagne ou le Portugal.

“Ce sera décidé politiquement”, affirme-t-il, annonçant la visite attendue à la fin de ce mois au Maroc du président de la FIFA, Gianni Infantino. Invité aux festivités de la fête du Trône, célébrée le 30 juillet, le président de la FIFA aura, pendant sa visite de deux jours, des entretiens avec Fouzi Lekjaa au cours desquels les deux parties discuteront de la candidature marocaine et des formulations qu’elle pourrait présenter.

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Pour l’instant, ce dont Lekjaa est certain, c’est de l’aptitude du Maroc à organiser cette Coupe du monde. Pour lui, la candidature marocaine à l’organisation du Mondial 2026 a permis au royaume de se forger une notoriété mondiale. Sa validation par la FIFA représente, à ses yeux, “une reconnaissance historique”. Le résultat d’une campagne de 8 mois qui aura coûté 100 millions de dirhams versés par l’État pour mener également des expertises et des études afférentes. Le bilan de cette campagne est en cours.

Il faudra donc “consolider” les acquis et apporter “les ajustements” nécessaires pour que le Maroc puisse atteindre son but d’organiser la Coupe du monde, mais aussi pour booster ce secteur sportif et permettre aux Lions de l’Atlas de continuer à briller.   

Le bilan russe, en attendant la CAN

Fier de la prestation de l’équipe nationale à la Coupe du monde de Russie, Lekjaa ne manque pas l’occasion de pointer du doigt à nouveau “l’arbitrage injuste” et des technologies qui nuisent selon lui au sport, au lieu d’en être des alliées. “Je ne suis pas dans la philosophie de celui qui échoue fait porter le chapeau à l’arbitre”, assure-t-il, qualifiant d’“insensés” les arguments expliquant la panne du VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) au cours du match avec le Portugal qui serait lié à un incendie. Et d’estimer que le VAR ne devait pas être expérimenté lors de la Coupe du monde.   

Toutefois, l’équipe nationale est appelée à faire plus et mieux. Pour Fouzi Lekjaa, le prochain challenge des Lions de l’Atlas sera de remporter la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2019). Un défi possible dont l’importance reste capitale pour les fans marocains qui attendent ce couronnement depuis plus de 40 ans. C’est en tout cas ce dont est convaincu le président de la FRMF, pour qui remporter ce trophée relève presque du devoir national. “Nous voulons une équipe nationale compétitive et Hervé Renard poursuivra sa mission”, tient-il à préciser, tenant à démentir toute information d’un départ imminent de l’entraîneur. “Je me suis entretenu avec Hervé Renard il y a dix jours et hier encore sur la capitalisation des acquis”, insiste-t-il.

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Auto-évaluation, Lekjaa reconnait que le football au Maroc souffre énormément. L’absence de structures de formation et de formateurs spécialisés pour les 5-15 ans légitime, pour lui, le fait que le Maroc continue de puiser dans la mine des 400 joueurs marocains évoluant dans des clubs européens. L’équipe nationale n’a pas d’autre choix, regrette-t-il.

Des ambitions, Lekjaa en a plusieurs à commencer par le souhait d’assainir le secteur en appliquant les règles de bonne gouvernance avec un esprit  managérial où seul le résultat compte. Ainsi, dans sa feuille de route, le patron de la FRMF trace une nouvelle ère dans laquelle les clubs de football marocains doivent  se transformer en sociétés anonymes et éviter des crises financières dans lesquelles s’enlisent plusieurs d’entre eux. Lekjaa affirme avoir entamé il y a trois ans ce processus de mise à niveau du football national, basé sur l’institutionnalisation et la transparence. 

En chiffres

Au Forum de la MAP, Fouzi Lekjaa a fait le point sur le budget et de la FRMF qu’il préside. Il rappelle ainsi que la fédération compte des sponsors institutionnels (CDG, Banque centrale et OCP) et annonce qu’un accord de quatre ans vient d’être conclu avec la SNRT pour les droits de télévision estimés à 420 millions de dirhams. Maroc télécom, lui, apporte près de 40 millions de dirhams à la fédération. Et pour chaque match, explique Lekjaa, les sponsors apportent entre 130 et 140 millions de dirhams. 

Les transferts effectués par la fédération au profit des clubs se répartissent en trois: 8MDH pour ceux de la première division, 3MDH, pour la seconde division et 1MDH pour les clubs amateurs.

Lekjaa tient aussi à préciser que l’impôt sur le revenu coûte à la fédération 22MDH et que celle-ci doit s’acquitter d’arriérés sur quatre années d’un total de 70MDH.

Quant à la masse salariale, elle coûte à la fédération près de 16 MDH, d’après Lekjaa.

Concernant les dotations externes, le patron de la FRMF indique que la qualification du Maroc à la Coupe du monde lui a valu le versement de 12 millions de dollars de la part de la FIFA et que la CAF a versé un montant de 500.000 dollars. “Ce qui nous a permis de payer les primes de qualification aux joueurs, pour ces deux années et demie de compétition, en leur versant chacun, 100.000 dollars”, souligne-t-il. Et d’ajouter que pour avoir remporté la CHAN 2018, les joueurs se sont vus gratifiés d’un montant de 500.000 dirhams chacun.