TUNISIE
13/01/2019 11h:36 CET | Actualisé 13/01/2019 11h:41 CET

IVD: Premières décisions de réparation pour 15 victimes du régime Bourguiba

En tout, 20 000 victimes sur plus de 50 000 dossiers de violations seront concernés par les réparations, selon l'IVD

Facebook / IVD

L’Instance Vérité et Dignité (IVD) a remis samedi le premier lot de décisions de réparation à 15 personnes de la catégorie de résistants qui “n’ont pas été honorées par l’Etat et dont les sacrifices pour la libération de la Tunisie du colonialisme français n’ont pas été reconnus”, a annoncé la présidente de l’IVD Sihem Ben Sedrine.

A cette occasion, l’Instance a organisé samedi une cérémonie à laquelle ont assisté un certain nombre de membres sortants de l’IVD, ainsi que sa présidente, des membres des familles des résistants honorés et un certain nombre de victimes de la période de tyrannie.

Mohammed Saleh Ghars, l’un des résistants honorés par l’Instance Vérité et Dignité, a déclaré à la presse en marge de la cérémonie que cet honneur “est un moment historique pour les combattants et leurs familles, rétablissant le cours de l’histoire après l’exclusion des résistants et leur jugement par le régime bourguibien après l’indépendance”.

“J’espère que les politiciens et les témoins de l’époque qui ont occupé de hautes fonctions dans l’Etat indépendant présenteront leurs témoignages concernant la trahison, la marginalisation et les procès inéquitables des combattants contre le colonialisme par le régime de Habib Bourguiba afin de corriger l’histoire du mouvement national”, a-t-il ajouté.

De son côté, Sihem Ben Sedrine, chef de l’IVD a souligné à la presse que les décisions en matière de réparation comprendraient trois catégories: les résistants, les victimes individuelles et les groupes (associations, partis et organisations victimes d’injustices et de violations pendant la dictature).

Dans le même contexte, elle a précisé que les décisions de réparation des préjudices impliqueraient plus de 20 000 victimes sur plus de 50 000 dossiers de violations examinées par l’Instance Vérité et Dignité, et que la remise des décisions de réparation se poursuivrait par groupes.

 

Le premier groupe des résistants ayant obtenu des décisions de réparation comprend Mohammed Saleh Ghars, Taher Lassoued, Mohammed Ben Ali Al Harathi, Hassan Chandoul, Tayeb Zallek, Taher Boukhari, Oum Ezzine (le colonisateur français l’avait jugée pour avoir ravitaillé les combattants), Abderrahmane Layouni, Mokhtar Attia, Taher Ben Amira, Iyad Rabbanah, Mousbah Ben Khalifa Mechi, Ibrahim Bin Abdelkarim, Redha Ben Ammar et Ali Khader.

Les processus de la justice transitionnelle consistent en la découverte de la vérité, la réparation du préjudice, la présentation d’excuses, et la réconciliation. Interrogée au sujet du processus d’excuses, Ben Sedrine avait alors expliqué que c’est à l’État de présenter ses excuses à la population, selon ce qui est dicté par la loi.

L’Instance Vérité et Dignité avait tenu sa conférence de clôture de ses travaux les 14 et 15 décembre dernier. Créée par la loi organique 2013-53 du 24 décembre 2013, relative à l’instauration de la justice transitionnelle et à son organisation, l’Instance a été chargée de recenser et d’indemniser les victimes des abus des régimes de Ben Ali et Bourguiba. Son activité couvre ainsi, l’ensemble de la période comprise entre le 1er juillet 1955 et la date de promulgation de cette loi.

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