ALGÉRIE
10/07/2018 15h:06 CET | Actualisé 10/07/2018 15h:08 CET

Lire...en vacances ? Que lire?!

Si les rues d’Alger grouillent d’estivants à l’assaut des bonnes affaires, les librairies algéroises, elles, sont désespérément vides

Hamdi Baala Pour le HuffPost Algerie

Les Algériens lisent-ils en vacances? Tout porte à croire que la période estivale semble propice à ce loisir mais qu’en est-il dans les faits?   

Si pendant l’année les livres universitaires et manuels scolaires se vendaient assez bien, les vacances d’été, de l’avis des professionnels du livre, crispent quelque peu les ventes. Certains se plaignent, même, de voir leur chiffre d’affaire diminuer. “On vend quasiment 80% de moins en été”, constatent amèrement la majorité d’entre eux.

Si les rues d’Alger grouillent d’estivants à l’assaut des bonnes affaires, les librairies algéroises, elles, sont désespérément vides. Dans les librairies du centre ville de la capitale,  le constat est globalement le même: “les Algériens ne lisent pas !”. Petites comme grandes librairies ne séduisent plus les passants.

Du côté de la Place Audin, les vitrines poussiéreuses de l’office des publications universitaires (OPU) ajoutent à la tristesse des lieux. Même si quelques rares étudiants se pressent pour ne pas avoir à affronter les foules de septembre, la grande librairie universitaire ne connaît, visiblement, pas un franc succès.

Plus loin, du côté des libraires de Didouche Mourad, dont les manuels de médecine sont habituellement bien vendus, les affaires ne vont pas mieux. “D’habitude on vend des manuels universitaires de médecine, de biologie animale mais pendant cette période, presque rien” dit le libraire.

Le constat paraît généralisé. Les livres semblent fixés à leurs étagères pendant ces vacances. En poussant jusqu’à la Grande Poste d’Alger, les petits libraires s’expriment d’une seule et même voix: “Les gens n’achètent pas ! Tout ce que l’on vend c’est des cartes postales ou des posters!”

Plus proche des lecteurs, un marchand de livres à la sauvette explique que “de mai à septembre, les Algériens sont en pause”. À la question relative à ce qu’il  parvient à vendre l’été il montre de vieux magazines qui accrochent l’oeil. “Les Paris Match, les Voici, c’est tout ce qu’ils achètent” dit-il un magazine à la main. 

Cependant, ce désintérêt des Algériens pour la lecture des ouvrages classiques ou spécialisés en saison estivale peut-être expliqué par une attirance vers d’autres types de lecture.

Même si la littérature classique ne trouve pas grâce aux yeux des lecteurs, la librairie Ibn Khaldoun, rue Didouche Mourad, réussi à tirer son épingle du jeu en proposant un large choix de romans. De Paulo Coelho à Agatha Christie, en passant par E.L. James, dont les romans d’amour adaptés au cinéma remportent un immense succès, le roman attire et permet au lecteur de s’évader. “Les gens n’achètent que des romans l’été ça se vend bien, et parfois aussi des livres pour enfants” indique la libraire.

Partageant le même avis, le gérant de la librairie du Tiers Monde, place Emir Abdelkader, signale que “les romans se vendent tout de même un peu mieux” pendant la période estivale.

Ce n’est donc pas tant les gens qui ne lisent plus mais c’est plutôt la littérature classique ou les ouvrages spécialisés qui cèdent leur place à d’autres formes de lectures : cet été, c’est la fiction qui est en vogue, affirme-t-on.

Loading...