ALGÉRIE
04/03/2016 08h:31 CET | Actualisé 04/03/2016 08h:32 CET

L'Iran dément les pronostics des experts et revient en force sur le marché pétrolier

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L’Iran a pris à contre-pied la plupart des analystes pétroliers. Alors qu’un retour significatif du pétrole iranien sur le marché international n’était attendu que vers la fin de l’année 2016, ce pays a annoncé, dès début mars, qu’il avait déjà mis sur le marché 400.000 barils/jour supplémentaires, malgré un marché saturé et des difficultés supposées ralentir son effort.

Soumis à des sanctions internationales en raison de son programme nucléaire controversé, l’Iran a conclu un accord avec les principaux pays occidentaux en vue de permettre un contrôle étroit de ce programme, en contrepartie d’une levée des sanctions. Celles-ci ont commencé à être levées à partir de la mi-janvier, ouvrant la voie à un retour en force du pétrole iranien sur le marché international.

Toutefois, la plupart des spécialistes ont affirmé que l’Iran n’était pas en mesure de reprendre l’exploitation de ses immenses champs de pétrole dans l’immédiat. L’augmentation de la production se ferait progressivement, et il faudrait plusieurs années à Téhéran pour revenir à un niveau de production conforme à ses capacités théoriques, autour de quatre millions de barils/jour, assuraient les spécialistes, dont plusieurs experts algériens réputés.

Retour soigneusement préparé

Ces experts insistaient sur la vétusté des installations iraniennes, sur l’absence d’entretien des grands gisements et sur le désinvestissement imposé au secteur du pétrole iranien en raison des sanctions occidentales contre ce pays.

Toutes ces prévisions se sont révélées erronées.

Le ministre iranien du Pétrole, M. Bijan Namadar Zanganeh, a, en effet, annoncé lundi dernier que les exportations de pétrole avaient atteint 1,75 millions de barils/j (MB/J) sur un mois, ce qui “représente une hausse de 400.000 barils/j par rapport à la même période” de l’année 2015". La production globale de pétrole et de condensat, qui était légèrement supérieure à 2,8 millions de barils/jour, dépasse désormais les 3,2 MB/J.

L’excédent de production a été entièrement affecté aux exportations, a précisé le ministre iranien. L’Iran est donc sur le point d’atteindre les objectifs annoncés dès la levée des sanctions: augmenter sa production d’un demi-million de barils/jour dans l’immédiat, et un autre demi-million d’ici la fin de l’année.

Le résultat obtenu montre que les Iraniens avaient anticipé ce retour sur le marché du pétrole et qu’ils l’avaient soigneusement préparé. Ils disposent aussi de capacités et de compétences largement sous-estimées par les experts.

Ambiguïtés

La déclaration du ministre iranien n’est toutefois pas dénuée d’ambiguïtés. Elle va clairement à l’opposé de ce que veut l’Arabie Saoudite, qui n’a pas hésité à négocier avec la Russie un accord pour geler la production de pétrole au niveau du mois de janvier 2016. Le Qatar et le Venezuela avaient été associés à l’accord.

Malgré sa proximité avec la Russie, l’Iran montre clairement qu’il ne se sent pas lié par cet accord. Il considère qu’il a le droit de revenir à son niveau de production d’avant les sanctions, en récupérant un quota “légitime”.

Pour Téhéran, le quota iranien a été accaparé par l’Arabie Saoudite et certains pays du Golfe, et c’est donc à Riad de réduire sa production pour aller à un équilibre du marché.

A posteriori, la proposition de l’Arabie Saoudite de geler la production au niveau de janvier 2016 semble aussi avoir objectif de ligoter l’Iran à un niveau de production très bas, ce qu’un haut responsable iranien avait d’ailleurs qualifié de “plaisanterie”.

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