TUNISIE
19/03/2019 17h:16 CET

L'Institut National du Patrimoine déplore la destruction d'un emblème beylical à Beit El Hikma

L'INP affirme ne pas avoir donné son autorisation pour cette rénovation.

Selima Abbou/Facebook/Mémoire d'une chechia

L’Institut National du Patrimoine (INP) a déploré, mardi, la décision unilatérale de l’administration de Beit El Hikma de “rénover” une armoirie beylicale, évoquant une “destruction”.

L’INP indique, dans un communiqué, ne pas avoir été consulté pour cette rénovation expliquant ne pas avoir accordé d’autorisation à l’administration de Beit El Hikma pour restaurer l’armoirie en question.

Ayant arrêté les travaux, l’INP promet de restituer la façade du Palais en l’état, d’autant plus qu’ “une grande partie de cette façade ont été conservés en l’état”.

 

La photo de la destruction d’un emblème beylical de Beit El Hikma, fait le tour des réseaux sociaux tunisiens.

Partagée dans le groupe “Mémoire d’une chechia”, la photo a donnée lieu a de nombreuses interrogations et beaucoup de critiques de la part des internautes.

Contacté par le HuffPost Tunisie, Beit El Hikma avait alors affirmé que cela n’a rien d’une destruction: “Ce sont des travaux de rénovation. En l’état, l’ornement pouvait tomber à tout moment et blesser des personnes. C’est pourquoi nous avons décidé de le rénover avec l’accord des autorités de tutelle. L’ornement sera de nouveau visible dans une quinzaine de jours” assurait l’administration du Palais.

Comme rappelé dans le groupe Facebook, “Mémoire d’une chechia”, Beit El Hikma, anciennement appelé Palais Dar Zarrouk “fut construit vers 1860 par le général Ahmed Zarrouk, esclave affranchi d’origine circasienne, pourfendeur de triste mémoire des sahéliens en révolte contre une
augmentation d’un impôt de capitation appelé “mejba”, impôt ignoble dans
sa conception et injuste dans sa répartition. Ahmed Zarrouk, ministre de
Sadok Bey, après de multiples révocations et réintégrations fut
définitivement écarté des affaires en mai 1881. Il mourut en 1889, Son fils
Mohamed Zarrouk dilapida en très peu de temps le patrimoine paternel. Un
tuteur vendit la demeure en question à un riche israélite répondant au nom
de Haï Bessis, A son tour Albert, héritier de Haï céda la demeure construite
par Ahmed Zarrouk au bey régnant Mohamed El Habib, en 1922, pour la
somme de 400.000 francs.

 

Vingt-deux ans plus tard Lamine Pacha Bey en devint l’unique propriétaire
en achetant les parts de ses cohéritiers. Immédiatement après, il y fit
apporter de multiples transformations et embellissements. A cet effet, il
contracta auprès du Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie, un emprunt de
trois millions de francs remboursable en 32 mensualités. A partir de ce
moment l’ancienne résidence du général Ahmed Zarrouk devint un palais
digne d’héberger un Souverain” rapporte Béchir Turki dans son livre ”éclairage sur les recoins sombres de l’ère bourguibienne”.

 

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