TUNISIE
26/06/2019 16h:43 CET | Actualisé 26/06/2019 16h:46 CET

Selon Sihem Ben Sedrine, la France doit s'excuser et payer des réparations pour les crimes commis en Tunisie

“Un mémorandum devrait être envoyé très prochainement, dès le début du mois de juillet" a-t-elle affirmé à France Inter

FETHI BELAID via Getty Images

Selon France Inter, l’Instance Vérité et Dignité (IVD) par le biais de sa présidente Sihem Ben Sedrine, exige des “excuses” et des “réparation” pour les crimes commis par la France en Tunisie après l’indépendance.

“Un mémorandum devrait être envoyé très prochainement, dès le début du mois de juillet, selon Sihem Ben Sedrine sa présidente” annonce le média français qui a rencontré la présidente de l’IVD.

Ce que vise principalement Ben Sedrine, c’est les “violations commises par l’État français à travers ses parachutistes et son aviation”, en juillet 1956 et le “grand massacre” de Bizerte.

Pour ce dernier, le préjudice subit serait de l’ordre de 30 millions d’euros rapporte France Inter: “Un homicide, c’est 200 000 dinars. Concernant l’affaire de Bizerte, multipliez par 5000 personnes pour faire la somme” y explique Ben Sedrine.

Expliquant attendre de la France qu’elle se “réconcilie avec ses principes et ses valeurs”, la présidente de l’IVD affirme que cela permettra de “construire un futur apaisé”.

Cependant comme le note le média français, le gouvernement tunisien n’a pour l’instant pas pris position à ce sujet.

Ce n’est pas la première fois que la présidente de l’IVD soulève cette question de réparations de l’État français au profit de la Tunisie.

En décembre 2016, lors de son audition à l’Assemblée des représentants du peuple, la présidente de l’IVD avait affirmé avoir des documents impliquant la France dans les exactions commises lors de la bataille de Bizerte.

“Nous sommes tombés sur des documents français qui nous donnent plus de preuves quant aux violations des Accords de Genève” avait-elle indiqué face aux députés.

“Ils ont bombardé des civils et ont commis des crimes de guerre, et cela est décrit” avait-elle insisté avant d’ajouter: “Nous sommes entrain de préparer (un dossier) et quand il sera terminé, l’État français devra s’expliquer”.

 

“La Tunisie demandera son droit, et je dis la Tunisie et pas l’Instance, car l’Instance prépare les dossiers et les transmet aux parties concernées, et celles-ci, feront on l’espère leur travail, à savoir demander à la France pas seulement des excuses mais aussi réparation pour ces violations en Tunisie, un pays indépendant et souverain” avait-elle martelé.

L’IVD qui a clôturé ses travaux en décembre dernier en présentant ses conclusions au public, a publié en mars dernier son rapport final.

Créée par la loi organique 2013-53 du 24 décembre 2013, relative à l’instauration de la justice transitionnelle et à son organisation, l’Instance est chargée de recenser et d’indemniser les victimes des abus des régimes de Ben Ali et Bourguiba. Son activité couvre ainsi, l’ensemble de la période comprise entre le 1er juillet 1955 et la date de promulgation de cette loi.

La durée de son travail a été délimité à quatre ans, à compter de la date de nomination de ses membres, renouvelable une fois pour une seule année.

Si le travail de l’Instance est terminé, il s’agit maintenant aux chambres juridictionnelles spécialisées de rendre leurs verdicts sur les exactions commises.

 

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