MAROC
19/07/2018 12h:09 CET

L'INPT lance de nouvelles formations dans le digital

L'école se lance dans un vaste programme de modernisation.

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ÉDUCATION - Alors que l’heure est aux vacances scolaires pour les étudiants, , les équipes administratives de l’Institut national des postes et télécommunications (INPT) continuent de s’activer. Ce mardi 17 juillet, l’Institut d’études supérieures a convié la presse à une conférence pour annoncer la création de sept nouveaux nouvelles filières d’ingénierie, toutes spécialisées dans le digital. Des innovations en matière de programmes qui visent à “répondre aux besoins du marché du digital et contribuer au développement de l’écosystème du numérique dans une dynamique de transformation continu”, explique l’école dans un communiqué.

Les sept nouvelles filières proposées sont toutes portées sur les nouvelles technologies du digital: Ingénieur de sciences de donnés, ingénieur cybersécurité et confiance numérique, Advanced software ingineering for digital services, Smart information and communication technology ingineering, Ingénieur cloud et IoT, Ingénieur innovation et AMOA et Ingénieur systèmes embarqués et services numériques.

Des cursus qui accueilleront en moyenne 30 à 40 étudiants par an, sélectionnés sur concours, issus soit des classes préparatoires ou des universités. L’INPT promet également un meilleur accompagnement des élèves, dont le manque est souvent critiqué dans les établissements publics, notamment à travers des programmes de “coaching” et des classes relativement petites pour accompagner leur formation.

Quatrième révolution industrielle

Des nouvelles filières suivant ce qu’appelle Zouhair Lahdissi, Président de l’association des anciens lauréats et entrepreneur, la “quatrième révolution industrielle”: “L’école telle que nous la connaissons est née après la révolution industrielle”, explique ce dernier. Eelle est restée sur le même schéma pendant les deux derniers siècles. Or aujourd’hui, nous sommes dans un nouveau monde. Le digital change la donne, on n’est plus sur des entreprises innovantes, on a besoin de nouveaux modèles. Pour accompagner la révolution qui est basée sur le digital, l’école doit se transformer”.

L’INPT ne cache pas ses ambitions de modernisation. Dans son discours de présentation, le directeur de l’école, Charif Chefchaouini Mohamed Abdelfattah, considère que l’école doit être dans un mouvement de transformation continu avec “l’étudiant au centre”. “Nous sommes dans une posture d’amélioration”, affirme ce dernier.

Charif Chefchaouini Mohamed Abdelfattah est le premier à l’avouer: les établissement publics souffrent de plus en plus face à la concurrence des établissements privés: “Les universités privées ont des latitudes que nous n’avons pas. Elles ont la possibilité d’offrir des salaires en fonction de compétences”, explique-t-il au HuffPost Maroc.

“L’État ne sait pas faire ce genre de choses, vous avez des grilles salariales figées. Si vous voulez avoir de bon profils vous vous devez d’avoir des politiques salariales flexible, ce que l’Etat n’offre pas. C’est pour cela que beaucoup d’Universités publiques s’orientent vers les Fondations qui permettent de contourner les choses et de ramener des contrats à travers ce système. Deuxièmement, l’organisation agile n’est pas l’apanage du public. Les établissement privés sont dotés d’organisations agiles sur lesquels nous sommes en train de faire des efforts”, reconnait-il.

Start-up nation

L’école veut également désormais former des ingénieurs-entrepreneurs. “Longtemps, ces deux professions ont été séparées. Nous voulons désormais les lier”, explique au HuffPost Maroc Mourad Oubrich, coordinateur de la filière Ingénieur innovation et AMOA. Pour ce dernier, cette nouvelle formation veut donner à l’ingénieur des moyens concrets pour créer et développer une entreprise: “L’objectif de cette filière est de se projeter dans l’avenir tout en restant sur le présent, sur les besoins d’aujourd’hui”.

Pour Mourad Oubrich, cette nouvelle filière cherche notamment à répondre aux demandes d’entreprises internationales, notamment dans les pays du Golfe: “elle est complète, il y a du management, de l’ingénierie, des télécoms... Les ingénieurs sont très demandés mais aujourd’hui, on cherche des profils francophones, arabophone, anglophones, on forme donc sur ces compétences. On les forme également sur le management, le fait de connaître la comptabilité pour créer son entreprise, lire un plan comptable, calculer ses impôts sur les sociétés, l’impôt sur le revenu. Il y a aussi une partie sur le marketing”.

A l’heure où des profils comme ceux de Jeff Bezos et Mark Zuckerberg font rêver les étudiants en ingénierie, l’école n’a pas d’autre choix que de suivre les nouvelles ambitions de leurs étudiants. Selon Nada Rih, en charge du service de la Gestion de la Formation Doctorale, l’INPT va aussi oeuvrer pour la “mise en place d’un éco-système global qui favorise l’innovation et l’entrepreneuriat dans notre école, afin de permettre à nos étudiants d’intégrer l’entrepreneuriat et de favoriser la création d’entreprise”.