TUNISIE
04/04/2019 18h:06 CET

"L'incident survenu aujourd'hui à l'ARP n'a aucun rapport avec l'activité parlementaire" , regrette Iyed Dahmani

"Le manque d’organisation a provoqué un retard et une anarchie qui ne reflète pas l’image de l’ARP ni les valeurs de la démocratie en Tunisie", a-t-il souligné.

FETHI BELAID via Getty Images

“L’incident survenu ce jeudi à l’ouverture des travaux de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) est honteux et n’a aucun rapport avec le travail parlementaire”, a déclaré Iyed Dahmani, porte-parole du gouvernement.

   Le chef du gouvernement était présent pour la séance plénière à l’ARP, conformément à l’ordre du jour, mais la séance a été retardée pour des raisons internes, administrative et financière, relavant de l’Assemblée, a-t-il expliqué. 

   La présidence du gouvernement n’a aucun rapport avec ces questions internes étant donné l’indépendance financière et administrative de l’ARP, a-t-il encore dit.

   Selon Iyed Dahmani, le chef du gouvernement a attendu en signe de respect à cet établissement et aux tunisiens. Il se préparait pour prononcer une allocution portant sur le secteur de la santé dans le pays et établir un dialogue avec les députés, a-t-il précisé.

   Le manque d’organisation a provoqué un retard et une anarchie qui ne reflète pas l’image de l’ARP ni les valeurs de la démocratie en Tunisie, a-t-il encore regretté affirmant que le gouvernement n’est en aucun cas responsable de la mauvaise organisation.

Que s’est-il passé?

La séance plénière à l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP) consacrée à l’audition du Chef de gouvernement, Youssef Chahed, été levée jeudi, aux alentours de 14 heures, en raison d’un “remue-ménage” causé par certain nombre de professeurs universitaires du Syndicat Ijaba.

   Les enseignants universitaires affiliés à IJABA ont donné de la voix, au même moment que Chahed a pris la parole, provocant une agitation et des bousculades avec les agents chargés d’assurer la sécurité durant la séance. 

 Youssef Chahed a immédiatement quitté la salle, accompagné de son équipe, dans la foulée, Mohamed Naceur, président de l’ARP a été contraint de lever la séance. 

   L’incident a provoqué l’indignation de plusieurs députés des différents blocs parlementaires qui l’ont vivement dénoncé, tandis que d’autres ont considéré cet incident une preuve de l’incapacité du gouvernement à examiner les préoccupations des citoyens, d’autant plus que la séance plénière de ce jeudi, a été marquée par cinq mouvements de protestation. 

   La réunion, à laquelle ont assisté 138 députés, a démarré avec un retard d’environ cinq heures, que le président de l’ARP a justifié lors de son mot d’ouverture, par ” la survenue de quelques agitations mineures causées par les agents du Parlement, revendiquant des primes, sitôt résolues”, a-t-il assuré. 

   Dans une déclaration à l’Agence TAP, le coordinateur de L’Union des Enseignants Universitaires Chercheurs Tunisiens ( IJABA), Najmeddine Jouida, a indiqué que la présence des enseignants universitaires, jeudi, au Parlement, intervient à la suite d’une invitation pour participer à une séance parlementaire de la Commission de l’Education à l’ARP.

   Il a estimé que les enseignants chercheurs défendaient leur droit à la dignité et au travail. Il a indiqué que le chef de gouvernement “n’est plus en droit de continuer à adopter cette politique à l’encontre des universitaires, ni de suspendre leurs salaires”. 

Cinq mouvements de protestation devant le parlement au moment de l’audition de Youssef Chahed

La Place du Bardo a été le théâtre ce jeudi, jour d’audition du chef du gouvernement Youssef Chahed par les membres du parlement, de cinq mouvements de protestation.

   Les journalistes de Dar Assabah et ceux de Radio Zitouna se sont rassemblés au milieu de la foule scandant des slogans appelant Youssef Chahed à lever la main sur le secteur et à régulariser la situation des établissements médiatiques confisqués.   

   Le président du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) Néji Bghouri, accompagné des membres du bureau exécutif du syndicat, a expliqué sa présence par “l’absence de perspectives” pour ces médias au moment où la Tunisie qui s’apprête à organiser des élections législatives et présidentielle est plus que jamais appelée à garantir la diversité et l’indépendance des moyens d’information pour leur permettre d’accomplir au mieux, leur mission.

   Bghouri a souligné le besoin d’une volonté politique pour sauver les médias publics, en particulier, les organes confisqués.

   Les journalistes ont notamment insisté sur le paiement des salaires des employés des deux institutions et leur droit à la couverture sociale, en plus de l’application de l’accord conclu depuis 2012 et qui consiste en le rattachement de Radio Zitouna au service public.

   Aux côtés des journalistes, les membres de la campagne “Lâchez la liste officielle !”, en allusion à la liste définitive des martyrs et blessés de la révolution, réclament réhabilitation et préservation de la mémoire nationale. Venus des différentes régions, ils rappellent que les trois présidences ont reçu depuis avril 2018 une copie de la liste.

   Des représentants de trois structures syndicales étaient également présents devant l’hémicycle du Bardo, en signe de protestation contre l’augmentation des prix du carburant. Il s’agit de l’Union tunisienne des Taxis individuels, de l’Union tunisienne des Louages et du Groupement professionnel du transport et de la logistique relevant de la Conect (Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie). 

   Parmi les protestataires figuraient, aussi, les personnes qui ont passé avec succès le concours de conseiller éducatif session 2017 qui appellent le chef du gouvernement à l’urgence d’intervenir pour l’application de l’accord trouvé avec le ministère de tutelle.

   Les agriculteurs réclament, pour leur part, le droit à la propriété des terrains qu’ils ont réaménagés et à appliquer les décisions de la consultation nationale de 2016.

   De légers heurts éclatés entres les groupes de manifestants ont vite été contenus par les unités de la police déployées sur place.

 

 
 

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