ALGÉRIE
03/04/2019 16h:15 CET | Actualisé 03/04/2019 16h:15 CET

La nouvelle aérogare d'Alger pas encore prête à entrer en service

Facebook/elbilad

La nouvelle aérogare de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger ne semble toujours pas prête à ouvrir ses portes au grand public. Cette fois-ci, en raison d’une défaillance du système de détection incendie, a-t-on appris auprès d’une source interne à la Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaires d’Alger (SGSIA). 

La Protection civile a refusé de donner son accord à la Direction générale de la Société, affirmant que le bâtiment est “classé dangereux et ne peut être accessible au grand public”, à en croire la même source.

Celle-ci a expliqué au HuffPost Algérie que “les accès du bâtiment sont connectés au système de détection incendie, qui a deux rôles. Une fois déclenché, ce système transmet un message d’alerte au système de contrôle des accès pour ouvrir les issues de secours. Le second rôle est de transmettre une alerte au système de ventilation automatique”.

“Rien ne fonctionne. En mi-mars, une simulation a été effectuée par la Protection civile en présence de la société chinoise CSCEC, en charge de la réalisation de la nouvelle aérogare, le bureau d’étude Prointec et les Services de la Sécurité et le P-DG de la SGSIA, M. Tahar Allache. Une fois l’incendie déclenché au sous-sol de l’aérogare, le système de détection incendie a détecté le feu sans accomplir aucun des deux rôles”, poursuit-on. 

La protection civile a ainsi décidé de classer le bâtiment “dangereux pour le public, à la suite de l’échec de cette simulation, tant que le dispositif de détection d’incendie est défaillant”.

La même source poursuit que “la société COBRA, chargée des installations électriques dans ce projet, a fait appel à une entreprise espagnole pour régler ce problème”.

Le projet de la nouvelle aérogare fait l’objet depuis 2018 d’une enquête de la part du bureau gouvernemental britannique, Serious Fraud Office (SFO) pour soupçons de corruption.

Le groupe Ultra Electronics, qui avait obtenu un marché pour l’installation d’une solution informatique de gestion aéroportuaire, a accusé le P-DG de la Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaires d’Alger (SGSIA), Tahar Allache, de corruption. 

Le groupe et sa filiale GATE, qui affirmaient avoir fourni des preuves au ministre des Transports, Abdelghani Zaalane, ont même saisi la Présidence algérienne.

Depuis plusieurs mois, le Serious Fraud Office (SFO) menait son enquête avec les autorités algériennes, notamment la brigade économique.

M. Tahar Allache, toujours selon des sources internes à la SGSIA, avait été le destinataire d’une note signée par le Procureur de la république, exigeant la remise des copies intégrales des offres des deux sociétés.

Des cadres de la SGSIA ont également été interrogés par la brigade économique de la police algérienne, tout comme les membres de la commission ayant octroyé le marché.

La nouvelle aérogare devait être inaugurée le 24 février dernier avant que son inauguration ne soit reportée sine die. 

Cette nouvelle aérogare, d’une capacité de 10 millions de voyageurs par an, devait être inaugurée en juillet 2018. Cette échéance a maintes fois été reportée en raison de retard des travaux de finitions.

Le ministère des Transports annonçait fin 2018 le report de l’inauguration à mars 2019.

Ce projet d’extension de l’aéroport international d’Alger a coûté plus de 80 milliards de DA, avait affirmé en juillet 2018 le ministre des Travaux publics et des transports, Abdelghani Zaalane