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22/07/2018 15h:23 CET | Actualisé 22/07/2018 15h:23 CET

L'inaltérable chanson

Le supplicie - Mohamed Khadda

Pour Salimou -Salim Yezza

Vous avez beau bâtir des prisons, étaler les rets tentaculaires de la Hogra, bâillonner les langues, empêcher la parole d’advenir, faire des rêves d’enfants le méchoui à votre appétit meurtrier.

Ogres !

Vous avez beau transformer chaque arbre en matraque, affûter les Sabres de la tyrannie.

Ogres !

Rien ne saura tuer la graine, empoisonner les sillons arables de la dignité. Rien ne saura emprisonner indéfiniment cet ardent désir d’être, être libre des chaînes et des tenailles de l’oppression. Etre au-delà des murs, tristes barbelés; au-delà de vos tristes guéguerres.

Ogres !

Vous avez beau ouvrir les tristes cachots, rallumer la géhenne de la triste nuit coloniale, tuer impunément, piller, assécher les sources. Sucer le sang de notre terre.

Ogres !

La source est inatteignable. L’injustice ne peut rien devant la dignité. Elle ne saura durer éternellement.

Les hommes sont mortels, la terre Non.

Ogres !

Vous avez beau brûler à mort les rêves d’enfants au chalumeau de la Hogra; calciner la poitrines des Mères pleurant les enfants, le cri des enfances sauvera le Pays, le nôtre, douce chanson, de vos dents assassines, Ogres.

Le pays, le nôtre, survivra dans la poitrine de ces êtres qui n’ont pour battement que le désir du Pays, un autre Pays. Paume ouverte, tam tam chassant la tristesse. Qcid partagé comme une galette chaude.

Le Pays, le nôtre, goutte de sueur perlant la main oeuvrière. Chanson d’amour. Youyou déchirant le triste voile du deuil.

IDÉAL colporté nuit et jour, sous la pluie, dans la neige, dans la touffeur de l’été, la férocité de l’hiver, en exil, sur les collines et les mers, dans les plaines , les montagnes et le désert.

Chant défiant l’aphasie. Rien ne cassera notre Pays,

Inaltérable Chanson.