MAROC
12/09/2018 11h:29 CET

Libye: L'état d'alerte maximal annoncé après plusieurs attaques à Tripoli

Selon Daech, l'attaque visait “les intérêts des tyrans en Libye loyaux aux croisés”.

Hani Amara / Reuters

INTERNATIONAL - Moins d’un semaine après l’annonce d’une trêve entre les groupes armés dans le sud de Tripoli, l’État islamique frappe encore. Cette fois-ci, une attaque-suicide a ciblé, lundi, le siège de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) à Tripoli, où plusieurs explosions et tirs intenses ont eu lieu à l’intérieur du bâtiment, d’après un communiqué de la NOC.

Un bilan de deux morts et dix blessés parmi le personnel de la compagnie a été annoncé par le ministère libyen de la Santé, selon la MAP.

“La NOC ne changera pas de mission à cause de telles actions. Nous resterons forts et résolus”, assure le président de la compagnie nationale de pétrole dans le communiqué ajoutant que l’attaque n’a pas eu d’impact sur la production et les opérations de la compagnie.

D’après le Centre américain de surveillance des groupes islamistes et extrémistes “Site”, trois membres de Daech ont mené l’attaque-suicide qui visait, selon le groupe terroriste, “les intérêts des (...) tyrans en Libye loyaux aux croisés”.

“Les gisements de pétrole qui (profitent aux) croisés et leurs projets en Libye sont des cibles légitimes pour les moujahidines”, a déclaré l’EI dans un communiqué rapporté par Site ajoutant que deux des trois membres sont morts.

Le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL), Ahmad al-Mismari, a quant à lui mis en garde contre d’autres éventuelles attaques de l’EI, rappelant que l’attaque de mai dernier contre le siège de la Haute Commission électorale tuant 14 personnes, avait également été perpétrée par Daech. 

Suite à l’attaque-suicide, l’état d’alerte maximal a été annoncé par le ministre libyen de l’Intérieur au Gouvernement de l’unionnationale qui, dans un communiqué rapporté par la MAP, a appelé les “services sécuritaires à faire preuve de prudence et de vigilance”.

Les attaques se poursuivent à Tripoli

MAHMUD TURKIA via Getty Images
Des voyageurs arrivent dans l'aéroport international de Mitiga après sa réouverture le 7 septembre 2018, dans la capitale libyenne de Tripoli.

Le seul aéroport en service de Tripoli a de nouveau été le théâtre d’une attaque qui n’a, quant à elle, pas encore été revendiquée. Des tirs de roquettes ont ciblé l’aéroport, mardi soir, le lendemain de l’attaque du siège de la NOC. 

L’aéroport de Mitiga, situé à l’est de la capitale libyenne, venait de reprendre ses activités le 7 septembre après plusieurs jours de fermeture à cause d’affrontements qui avaient fait 39 morts et une centaine de blessés, selon le ministère libyen de la santé.

Tous les vols commerciaux qui devaient se rendre à Tripoli seront donc détournés 200 kilomètres plus loin, vers l’aéroport de Misrata. Ce dernier avait rouvert la semaine dernière après un accord de cessez-le-feu des Nations unies entre les groupes armés en conflit dans la capitale, rappelle la MAP.

La mission des Nations Unies en Libye a d’ailleurs appelé, mercredi, les groupes en conflit à “respecter l’accord” et “faire preuve de responsabilité”.

Depuis le 27 août, la capitale a enregistré au moins 78 morts et 313 blessés lors des hostilités, selon la MAP.