MAROC
26/05/2018 15h:06 CET

Libye: Évasion d'une centaine de migrants d'un camp tenu par des trafiquants dans l'ouest du pays

Selon les rescapés, au moins 15 personnes sont mortes en tentant de fuir.

MIGRANTS - Plus d’une centaine de migrants se sont échappés cette semaine d’un camp tenu par des trafiquants dans la ville de Bani Walid, dans l’ouest de la Libye, ont affirmé des sources locales et des organisations internationales. Parmi elles, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) évoquent 25 personnes blessées par balles lors de leur évasion.

Selon les rescapés, poursuit MSF, au moins 15 personnes sont mortes en tentant de fuir la prison clandestine à Bani Walid et au moins 40 personnes, dont une majorité de femmes, restent captives, détaille un communiqué de MSF. 

“Les cicatrices, les marques de brûlures causées par électrocution et de vieilles blessures infectées donnent une idée des épreuves qu’ils ont traversées. Les gens sont traumatisés et la majorité sont des mineurs non accompagnés”, poursuit la même source. 

Ayant été détenus et torturés, ces migrants, originaires d’Erythrée, d’Ethiopie et de Somalie ont fui le camp mercredi 23 mai au soir, après environ trois ans de détention. Pourchassés par leurs ravisseurs et des hommes armés qui tentaient de les capturer à nouveau, les évadés ont trouvé refuge dans une mosquée de la ville où ils ont été pris en charge par la population et une association locale.

Située à 170 km au sud-est de la capitale Tripoli, la ville de Bani Walid est un lieu de transit pour les migrants clandestins en route vers les côtes, plus au nord, et compte une vingtaine de centres illégaux de détention ou de regroupement de migrants.

Ces centres sont tenus par des milices qui enlèvent les migrants dans les villes et les torturent avant de téléphoner à leurs familles sommées de payer des rançons, selon des sources locales et des ONG.

“Les équipes de MSF n’ont pas accès aux prisons clandestines des zones de Bani Walid et ne savent pas combien de personnes y sont encore détenues, mais les enlèvements contre rançon restent une activité florissante, encouragée par les politiques européennes visant à criminaliser les réfugiés et les migrants et à les empêcher d’atteindre les côtes européennes à tout prix”, s’indigne MSF dans son communiqué.