ALGÉRIE
18/09/2014 07h:25 CET | Actualisé 18/09/2014 07h:54 CET

L'Algérie ne peut accepter "en aucune façon" une intervention militaire étrangère en Libye (Lamamra)

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Ramtane Lamamra avec Yves Le Drand à Alger: Pas sur la même longueur sur la Libye

L’Algérie ne peut accepter "en aucune façon une intervention militaire étrangère en Libye". De Madrid où il participait mercredi à la conférence internationale de soutien à la Libye, ministre des affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, a été tranchant.

Alors que la France veut pousser à une intervention internationale en Libye, l’Algérie maintient que "la solution doit être libyenne et trouvée par les Libyens eux-mêmes".

Le propos de Lamamra va clairement à l’encontre du discours alarmistes du ministre français de la défense, Yves Le Drian, sur la situation dans le sud-libyen qualifié de "hub où les groupes terroristes viennent s’approvisionner y compris en armes et se réorganiser".

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Il préconisait un déplacement du dispositif Barkhane vers la Libye. Il avait assuré, en suscitant des interrogations dans les médias algériens que "tout cela se fait en bonne intelligence avec les Algériens qui sont des acteurs majeurs de cette région et dont c’est aussi l’intérêt".

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Ramtane Lamamra qui a choisi de ne pas voir dans les propos d’Yves Le Drian un appel à une intervention militaire a évoqué ce que ne doit pas être le rôle des institutions internationales alors que la France a annoncé qu’elle entendait profiter de la tenue de l’Assemblée générale de l’Onu pour lancer une "mobilisation globale" et élaborer une "feuille de route" pour contrer le terrorisme en Libye.

La Libye en "difficulté sérieuse" mais "pas en faillite"

"Le rôle des institutions internationales consiste à aider et ne pas se substituer" aux pays souverains a indiqué le chef de la diplomatie algérienne. L’évaluation de la situation libyenne par l’Algérie est qu’il s’agit d’un pays en "difficulté sérieuse" mais qui n’est pas en "faillite".

L’Algérie ne veut pas que plus d’armes et de pièces de rechange des armes se déversent en Libye en application de l’embargo décidé par l’Onu. Il faut "’aboutir à un cessez-le-feu et d’appliquer l’embargo des Nations Unies".

"Nous voulons que les parties (en conflit) en arrivent à des arrangements de sécurité qui permettront de protéger les personnes et les biens (en Libye) tout en réunissant les conditions de la poursuite de la lutte antiterrorisme car cela demeure un défi important".

Tout en constatant que la Libye dispose d’un parlement élu – actuellement installé à Tobrouk – qui a " légalité de son côté, Lamamra estime qu’il a besoin de renforcer sa légitimité en prenant des " mesures d’apaisement, de rassemblement et de nature à créer un climat favorable à un dialogue inclusif et à la réconciliation nationale".

Appelant à une "harmonisation des efforts nationaux, régionaux continentaux et internationaux", Lamamra a défendu la démarche de l’Algérie qui, a-t-il dit, est apparue comme étant "raisonnable réaliste et prometteuse".

La conférence de Madrid sur la Libye a été organisée par les 5+5 (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie et Espagne, France, Italie, Malte, Portugal), avec la participation des pays du groupe Med7 (l’Espagne, la France l’Italie, Malte, le Portugal, Chypre et la Grèce) et des pays voisins de la Libye et l’Algérie, la Tunisie, le Tchad, l’Egypte, le Niger et le Soudan.

La Conférence de Madrid a estimé dans ses conclusions, comme le défend l’Algérie, que "la solution à la crise libyenne ne passe pas par une intervention militaire". Elle a appelé à un «dialogue national inclusif" avec "tous les acteurs politiques, des chefs tribaux et des personnalités de premier plan".

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