ALGÉRIE
04/03/2016 03h:36 CET | Actualisé 04/03/2016 03h:44 CET

Alger met fermement en garde contre une nouvelle "aventure militaire" en Libye

Wikimedia Commons
Un char libyen détruit par un raid de l'Otan près de Benghazi, le 19 mars 2001

Les signaux qui s'accumulent d'une nouvelle intervention armée occidentale en Libye inquiètent l'Algérie. Son ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra a mis en fermement en garde, jeudi, contre des "aventures militaires" qui ne feront qu'aggraver la situation dans ce pays.

"Les aventures militaires n'ont aucune chance d'aboutir au règlement de ce problème ni dans l'immédiat ni à long terme" a indiqué le chef de la diplomatie algérienne qui souligne que "toute autre intervention militaire en Libye engendrera davantage de destruction et de pertes humaines".

Une allusion implicite à la désastreuse intervention militaire de l'Otan en Libye en 2011 fondée, du point de vue de nombreux pays dont la Russie et la Chine, sur un grave détournement des résolutions du Conseil de sécurité où la protection des civils s'est transformée en action militaire de destruction d'un régime.

Le gouvernement algérien avait subi en 2011 de fortes pressions pour s’engager sur le dossier libyen avec en prime des accusations de soutenir le régime de Kadhafi. L’Algérie soulignait pour sa part qu’un risque de chaos risquait de s’installer du fait de cette intervention militaire.

De fait, le peu d'Etat qui existait en Libye a été détruit dans cette intervention qui a livré le pays au chaos des milices et a permis à des groupes radicaux de s'y installer.

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Aujourd'hui, c'est au nom de la "menace" présentée comme impérieuse de l'organisation de l'Etat islamique Daech, que se profile une nouvelle intervention occidentale en Libye alors que les efforts politiques pour la reconstruction de l'Etat peinent à aboutir.

Une intervention, dans un tel contexte, ne pourrait que favoriser les plus radicaux de Daech dont les effectifs paraissent, du point de vue des sécuritaires algériens, démesurément gonflés par la communication des occidentaux.

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Lamamra a en tout cas clairement signifié que l'Algérie ne participera à une action militaire en Libye en conformité avec la doctrine de l'armée nationale algérienne qui n'intervient jamais dans un théâtre extérieur.

L'Algérie ne sera pas "entraînée dans une aventure militaire"

"Il n'y a aucune chance pour que l'Algérie soit entraînée dans une aventure militaire en Libye ou ailleurs" a-t-il martelé. Dans ses concertations avec les acteurs internationaux, l'Algérie a toujours insisté "sur la nécessité d'un règlement pacifique de la crise libyenne" a-t-il poursuivi.

"L'Algérie respecte le droit de la Libye d'instaurer le régime qu'elle juge adéquat pour son peuple", a encore souligné M. Lamamra ajoutant que le rôle de la communauté internationale est d'œuvrer avec tout son poids, afin d'aboutir à un règlement pacifique et consensuel à commencer par la formation d'un gouvernement d'entente nationale qui tarde à venir".

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